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Saturday, July 31, 2010
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La République Socialiste du Vietnam

I. Présentation générale

1.Le climat

2. Les ressources naturelles

3. La topographie

a. Les quatre régions montagneuses principales 

b. Les deux grands deltas

c. La côte

II. L'histoire du Vietnam

1. La Préhistoire

a. La paléolithique

b. L'âge néolithique (4000 - 6000 AC)

c. L'âge de bronze (4000 AC)

d. L'âge de fer (2700 AC)

2. L'époque de la fondation de l'Etat vietnamien

3. L'époque de la domination chinoise (111 AC - 938 AD)

4. L'époque de l'indépendance

5. L'époque de la domination française (1858-1945)

6. Le Vietnam indépendant (depuis 1945)

7. Le “Renouveau” au Vietnam

III. Nationalités

IV. Religion

1. Le Bouddhisme

2. Le Catholicisme

3. Le Protestantisme

4. L'Islam

5. Le Caodaisme

6. La secte bouddhiste de Hoa Hao

V. Mœurs et Coutumes

1. Village et convention du village

2. Le culte

3. Les fêtes traditionnelles

a. La genèse et le sens des fêtes traditionnelles

b. La fête, partout, se déroule normalement selon trois phases

c. Les périodes de fête

d. Les rites de la fête

4. Les fêtes et les rites les plus répandues au Vietnam

a. Têt Nguyen Dan

b. Les rites des 1er et 15e jours de chaque mois lunaire

c. Têt Khai Ha

d. Têt Thuong Nguyen (Têt Nguyên tiêu)

e. Têt Thanh Minh

f. Têt Doan Ngo

g. Têt Trung Nguyen

h. Têt Trung Thu (Fête de la mi-automne)

i. Têt Trung Cuu

j. Têt Trung Thap

5. Costume traditionnel

6. Les habitudes particulières des vietnamiens

a. Chique de bétel

b. Tabac fort et le thé, l’indispensable boisson des vietnamiens

7. Noces

8. Les funérailles

VI. Littérature et arts

1. Langue et écriture

2. Littérature folklorique

3. Art de la scène

a. La danse royale

b. Les danses religieuses

c. Les danses de croyance

d. La danse populaire

e. La danse moderne

f. Le Nha Nhac, musique de cour, chef-d'œuvre immatérielle de l'humanité

g. Ca Tru (Hat A Dao)

h. Hat Quan Ho

i. La musique et les chansons de Huê

j. Ly du Sud du Vietnam

k. Les marionnettes sur l'eau

l. Cheo (le théatre populaire)

m. Tuong (le théatre classique)

n. Cai Luong (le théatre rénové)

4. Beaux arts

a. Beaux - arts traditionels

b. La peinture folklorique

c. Sculpture

d. La céramique

VII. La Francophonie au Vietnam

1. Le Vietnam et la Francophonie

2. Interview accordée par le Président de la R.S. du Vietnam Nguyen Minh Triet à la Francophonie actualité

3. Interview accordée par le Vice Premier Ministre – Ministre des Affaires Etrangères du Vietnam Pham Gia Khiem à la Francophonie actualité

4. Extrait du Rapport d’information de la Mission d'information de la Commission des Affaires culturelles du Sénat de la République Francaise effectuée en Vietnam, sur la Francophonie et l'enseignement du français

a. L'image positive de la langue et de la culture française

b. L'adhésion du Vietnam aux institutions de la francophonie

c. Le Sommet de Hanoi, une occasion de renforcer l'image de la francophonie

d. La présence francophone au Vietnam

e. L'avenir de la Francophonie au Vietnam

 

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La République Socialiste du Vietnam

 

I. Présentation générale

Le Vietnam est une bande de terre étroite dont la forme rappelle la lettre S. Situé au centre de l’Asie du Sud-Est, en bordure orientale de la péninsule indochinoise, il partage des frontières avec la Chine, au nord, le Laos et le Cambodge, à l’ouest. Il s’ouvre sur la Mer d’Orient à l’est et sur le Pacifique au sud. Le pays compte aussi des archipels composés de milliers d'îles et îlots dispersés du Nord au Sud dont ceux de Hoang Sa (Paracels) et de Truong Sa (Spratley). La côte s’étire sur 3.260 km et les frontières terrestres sur 4.510 km. À vol d’oiseau, la distance du nord au sud est de 1.650 km. La largeur maximale atteint 600 km, dans le nord, et 400 km, dans le sud, alors que la largeur minimale n’est que de 50 km au Centre, dans la région de Quang Binh. Coordonnées: 102º 08' - 109º 28' latitude Est, 8º 02' - 23º 23' longitude Nord.

 

Territoire: 331.211,6 km²                 

Population: 85.789,6 mille habitants (04/2009)                                   

Capitale: Hanoi

Division administrative: Viet Nam est divisé en 63 provinces et villes.

 

1.     Le climat

Le Vietnam se trouve dans une région de climat tropical et subtropical, avec des moussons, beaucoup d'ensoleillement, un abondant volume pluviométrique et une grande humidité. Certains endroits proches du tropique du Cancer et les régions d'altitude ont un climat tempéré. Les températures moyennes annuelles de 22 à 27ºC sont très propices au tourisme même si la température moyenne varie d'une région à l'autre: 23ºC à Hanoi, 26ºC à Hô Chi Minh-ville et 25ºC à Huê. Les moussons influencent aussi sur la température tropicale du Vietnam. Le Vietnam compte deux saisons bien distinctes, soit la saison sèche et froide (de novembre à avril) et la saison chaude et pluvieuse (de mai à octobre). Les changements de température sont plus marqués dans les provinces du Nord; la différence de température atteint jusqu'à 12ºC alors que dans les provinces du Sud, la différence n'est que d'environ 3ºC. Ces deux saisons montrent toutefois les signes des quatre saisons: printemps, été, automne et hiver, surtout dans le Nord. Chaque année, il compte de 100 jours de pluie avec la pluviosité moyenne de 1.500 à 2.000mm. L'humidité atmosphérique varie plus ou moins 80%,  l'ensoleillement est de 1.500 à 2.000 heures et le rayonnement solaire compte annuellement en moyenne de 100 kcal/cm2. À cause des moussons au nord, la température moyenne du Vietnam est moins chaude en été et plus froide en hiver que des pays voisins.

 

2.     Les ressources naturelles

Les forêts et les terres forestières couvrent une grande partie du territoire. Les réserves nationales sont protégées par l'Etat et dotées de plans de développement durable en matière de tourisme écologique. Ces forêts précieuses sont réparties dans plusieurs localités de tout le pays: Ba Vi (Ha Tay), Cat Ba (Hai Phong), Cuc Phuong (Ninh Binh), Bach Ma (Hue), Cat Tien (Dong Nai), Con Dao (Ba Ria - Vung Tau)... Le Vietnam est un pays possédant des ressources en minerais. Son sous-sol recèle de précieux gisements d'étain, de zinc, d'argent, d'or, d'antimoine, de pierres précieuses, de charbon. Son plateau continental est riche en pétrole et gaz naturels. Les sources d'eau minérale sont très abondantes: Quang Hanh (Quang Ninh), Hoi Van (Binh Dinh), Vinh Hao (Binh Thuan), Duc My (Nha Trang), Kim Boi (Hoa Binh)...

 

3. La topographie

Les collines et montagnes représentent les trois quarts du territoire du Vietnam. Il y a quatre régions montagneuses principales et deux grands deltas.

 

a. Les quatre régions montagneuses principales 

La région du Nord-Est (appelée aussi Viet Bac) s'étend de la vallée du Fleuve Rouge au golfe du Bac Bo. On y trouve nombre de sites pittoresques bien connus comme les grottes de Tam Thanh, de Nhi Thanh (Lang Son), la grotte de Pac Bo, la chute de Ban Gioc (Cao Bang), le lac de Ba Be (Bac Kan), le mont Yen Tu et la Baie d'Halong (Quang Ninh). Le plus haut sommet de la région du Nord-est est Tay Con Linh: 2431m.

La région du Nord-Ouest s'étend de la frontière avec la Chine jusqu'à l'ouest de la province de Thanh Hoa. C'est une magnifique région avec Sa Pa (Lao Cai) à 1 500 m d'altitude, une station de montagne et un lieu de contact avec les habitants des ethnies H'Mong, Dao, Kinh, Tay, Giay, Hoa, Xa Pho... La région abrite aussi l'ancien champ de bataille renommé Dien Bien Phu et le mont Fan Si Pan, 3143m, point culminant du Vietnam.

La cordillère de Truong Son du Nord s'étend de l'ouest de la province de Thanh Hoa à la région montagneuse de Danang - Quang Nam. On y trouve la magnifique grotte de Phong Nha (Quang Binh) et des cols bien connus le col Ngang (Col transversal), le col de Hai Van (Col des Nuages)... En particulier, la piste Hô Chi Minh est connue de tout le monde pour les exploits des Vietnamiens pendant la deuxième grande résistance.

La cordillère de Truong Son du Sud située à l'ouest des provinces du Trung Bo méridional. Suite aux massifs, c'est une vaste région appelée Tay Nguyen (Hauts-Plateaux du Centre). Cette région légendaire recèle encore plusieurs secrets sur la flore et la faune, surtout sur la culture originale des minorités ethniques. Da Lat est une station de villégiature idéale établie à la fin du XIXe siècle.

 

b. Les deux grands deltas

Le delta du Fleuve Rouge (plaine du Bac Bo) d'une superficie d'environ 15 000 km² est formé d'alluvions charriées par le fleuve Rouge et le fleuve Thai Binh. C'est le berceau des anciens Vietnamiens et de la civilisation du riz irrigué.

Le delta du Mékong (plaine du Nam Bo) d'une superficie de quelque 40 000km² est très fertile et a un climat favorable. C'est le plus grand grenier à riz du pays. Le territoire vietnamien est quadrillé par des milliers de cours d'eau de petites et grandes dimensions. Le long de la côte, s'ouvre une embouchure sur une vingtaine de kilomètres, favorisant ainsi le système de navigation fluviale. Les deux systèmes de cours d'eau importants sont le Fleuve Rouge au Nord et le Mékong (Cuu Long) au Sud.

 

c. La côte

La côte du Vietnam s'étire sur 3 260km. En la longeant, vous trouverez de belles plages comme Tra Co, Sam Son, Lang Co, Non Nuoc, Nha Trang, Vung Tau, Ha Tien... A certains endroits, la montagne avance vers la mer, formant des baies pittoresques comme la Baie d'Halong reconnue par l'UNESCO comme le patrimoine mondial. Le Vietnam possède nombre de grands ports: Hai Phong, Da Nang, Qui Nhon, Cam Ranh, Vung Tau, Sai Gon...

 

II. L'histoire du Vietnam

 

1. La Préhistoire

 

a. La paléolithique

La présence humaine sur le territoire vietnamien remonte à très loin. Les archéologues ont trouvé des traces de civilisation dans quelques grottes à Lang Son et Nghe An. De la période postérieure à l'age paléotique, la présence humaine fut assez importante sur le territoire vietnamien. Ils utilisèrent des outils en galet taillé jusqu'à l'époque de la culture Hoa Binh - Bac Son. Plus tard, ils commencèrent à aiguiser des haches en pierre, à fabriquer des céramiques et à cultiver la terre.


b. L'age néolithique (4000 - 6000 AC)

Pendant l'age néolithique, des groupes développèrent des modes de vie différents. Les habitants se servaient de haches en pierre polie, taillaient des bracelets en pierre et faisaient des céramiques avec une variété de motifs.


c. L'age de bronze (4000 AC)

Pendant l'age de bronze, les vietnamiens confectionnèrent plusieurs outils et armes en plus de bijoux en laiton dans des moules de glaise. Ils commencèrent à cultiver le riz et à élever des animaux tels que les buffles, les bœufs, les cochons et les poules. À cette époque, trois groupes culturels sont répartis dans trois secteurs différents: la culture pré-Dong Son dans les bassins du fleuve Rouge, des rivières Ma et Ca, la culture pré-Sa Huynh dans le centre du pays et le troisième groupe dans le bassin du fleuve Dong Nai dans le sud du territoire vietnamien. La culture pré-Dong Son correspond au début de l'époque des rois Hung.


d. L'age de fer (2700 AC)

Les groupes dans le nord et le centre du Vietnam forment la culture Dong Son; ils connaissent déjà utiliser le fer afin d'en faire des outils. Les objets en laiton sont aussi typiques de cette culture, notamment les grands tambours en cuivre avec des motifs ornementaux.

 

2. L'époque de la fondation de l'Etat vietnamien

Au début de l’age de bronze, les tribus de Viets se sont installées dans le Nord et jusqu’au nord du Centre du Vietnam. On comptait environ 15 groupes différents de Lac Viet vivant dans les plateaux du Nord et dans le Delta du Fleuve Rouge, plus une douzaine de Au Viet vivant dans le Nord-Est.

 

♦ L'Etat Van Lang (2876 av. J.-C – 258 av. J.-C)

Un premier État apparaît au Vietnam sous la culture Dong Son. Il s'étend de la frontière sino-vietnamienne jusqu'au bord du fleuve Gianh. Les ressemblances culturelles des habitants laissent supposer que cette région fut le territoire des anciens Viets. La nation Van Lang était alors dirigée par les rois Hung.

En ce temps-là, ces deux ethnies Lac Viet et Au Viet, composées de nombreux habitants, vivaient un peu éparpillées. Cependant, en raison d’un besoin grandissant de contrôler les inondations, les batailles contre l’ennemi et les échanges culturels et économiques, les tribus vivant proches les unes des autres ont eu tendance à se scinder en un groupe plus gros et plus hétérogène. Parmi les tribus Lac Viet, celle de Van Lang était la plus puissante. Son chef réunit toutes les tribus Lac Viet pour former la nation Van Lang, se donnant à lui-même le titre de rois Hung. Les générations suivantes suivirent les pas de leur père fondateur et conservèrent ce titre. D’après certains documents historiques, on a réussi à déterminer que leur territoire occupait alors l’actuel Nord du Vietnam, ainsi que la partie nord du Centre et le sud du Guangxi (en Chine). La nation Van Lang a duré approximativement du début du premier millénaire jusqu’au IIIe siècle av. J.-C.


♦ l'Etat Au Lac (257 av. J.-C – 207 av. J.-C)

Succédant à la nation des rois Hung, l'État Au Lac fut fondé par An Duong Vuong au milieu du IIIe siècle avant J.C. Cet État est mentionné dans les annales de l'historien chinois Xi Ma Tin. Un exploit du temps d'An Duong Vuong fut la construction de la citadelle Co Loa avec trois cercles de murailles, dont les vestiges peuvent être encore contemplés de nos jours. En 221 av. J.-C., Qin Shihuangdi, roi des Qin en Chine envahit le territoire des Viets. Thuc Phan, le chef de l’alliance des Au Viet parvint à repousser les chinois qui furent obligés de se retirer en 208 av. J.-C. Thuc Phan prit alors le titre de roi An Duong Vuong et fonda la nation Au Lac, réunissant les Au Viet et les Lac Viet. Cependant, en 179 av. J.-C., Trieu Da, l’empereur du Nam Viet (Chine), envahit le royaume d’Au Lac. La résistance d’An Duong Vuong dut rapidement céder devant cette invasion. Pendant plus de 7 siècles les envahisseurs du Nord régnèrent sur le pays où ils établirent un régime féodal sévère. Ils divisèrent le territoire en régions administratives qu’ils affublèrent de noms chinois.


3. L'époque de la domination chinoise (111 AC - 938 AD)

En l'an 179 av. J.-C., l'État Au Lac fut occupé par le roi Trieu Da de l'État Nam Viet, puis en 111 av. J.-C., l'État Nam Viet fut anéanti par l'empire chinois des Han. Au Lac passe aux mains des Han et est divisé en arrondissements et districts. Désormais, le pays entrait dans une étape de domination des empires chinois qui dura 11 siècles. Durant cette période, le peuple Vietnamien se soulève plusieurs fois pour la conquête de l'indépendance commencer par l'insurrection des deux sœurs Trung (en l'an 40 - 43). Suit ensuite la révolte de la Dame Trieu (en 248). Durant le printemps 542, Ly Bi prit les armes et chassa le gouvernement chinois, libérant le pays. Il se déclara alors souverain du royaume Van Xuan en 544, valorisant l’esprit d’indépendance du pays et la volonté de vivre en paix. Néanmoins, le royaume Van Xuan fut de courte durée. Il fut vaincu par l’armée chinoise impériale en 602 et le pays retourna sous le joug de la Chine. Sous la domination des empires chinois de Sui et de Tang, plusieurs soulèvements éclatèrent comme les insurrections de Mai Thuc Loan (en 722), de Phung Hung (766 - 791). Finalement, avec la victorieuse révolte menée par Ngo Quyen sur le fleuve Bach Dang en 938 contre les Han du Sud, plus de mille années de domination chinoise se terminent et l'indépendance nationale reconquise.

 

4. L'époque de l'indépendance

En 968, Dinh Bo Linh combattit les douze seigneurs locaux et unifia le pays. Se déclarant roi du pays, il lui donna le nom de Dai Co Viet, un nom qui se perpétua au fil de la dynastie des Dinh (968-979), de la dynastie des Le antérieurs (980-1009) et jusqu’au début de la dynastie des Ly (1010-1053). En 1010, l’empereur Ly Cong Uan décida de changer le nom du pays, qui devint Dai Viet. Du XIe siècle au XIVe siècle, sous les règnes des dynasties des Ly (1009-1225) et des Tran (1226 - 1400), le Dai Viet devint un État puissant. L' agriculture se développe, la mise en place des digues et le défrichement occupent une place prioritaire. Des villages artisanaux se forment, spécialisés dans la poterie, le moulage de cuivre ou la forge du fer. Des bateaux commerciaux venus de Chine et des pays d'Asie du Sud-Est pénètrent entre autres dans les ports de Hoi Thong et Van Don. Sous les dynasties des Ly et Tran, le bouddhisme prévaut et influence grandement sur la littérature et sur l'art. Pendant ce temps, le Confucianisme commence à se répandre. Les premières collections de l'histoire du pays sont également élaborées. L'indépendance nationale est maintenue grace à la résistance contre la dinastie chinoise Song (1075-1077) sous la direction du général Ly Thuong Kiet, et trois fois contre les Yuan-Mongol sous la direction des rois Tran et du général Tran Hung Dao (1258, 1285, 1288).

En 1400, Ho Quy Ly usurpa le trône de l’empereur Tran Thieu De et fonda la dynastie des Ho, changeant le nom du pays en Dai Ngu. La dynastie Ho (1400-1407) entreprend un nombre de réformes sociales comme les politiques de restriction de la propriété foncière et d'esclaves, l'émission de billets monétaires pour remplacer la monnaie en alliage de cuivre. Mais ces réformes n'ont pas d'effets parce que le peuple ne soutient pas Ho Quy Ly. C'est pourquoi, devant la guerre d'invasion des Ming de la Chine, sa souveraineté ne parvient pas à organiser efficacement la défense du pays. Le pays tombe dans le contrôle de l'Empire des Ming.

Après 10 années de résistance contre l’occupation chinoise des Ming (1418-1427), Lê Loi triompha de l’ennemi. En 1428, il prit le titre d’empereur de la dynastie des Lê et décida de redonner au pays le nom de Dai Viet. Le territoire du Dai Viet s’était alors étendu jusqu’à l’actuelle région de Huê. Au XVe siècle, la société du Dai Viet est stable, l'agriculture est rétablie et développée, l'industrie et le commerce connaissent de nouveaux progrès. La doctrine confucéenne devient idéologie orthodoxe. La formation des talents par la voie de concours littéraires et l'étude des livres classiques font partie de ce siècle. Le code pénal national encore appelé le code Hong Duc, est élaboré, reflétant fidèlement la situation politique, économique et sociale du Vietnam à ce moment-là. Au XVIe siècle, la dynastie des Le se détériore.

En 1527, Mac Dang Dung renverse le roi Lê et établit le règne des Mac à Thang Long (Hanoi). La famille Trinh mobilise une résistance contre les Mac. En 1592, les forces de Trinh s'emparent de Thang Long, le roi Lê s'empare de nouveau du trône, mais en réalité, tous les pouvoirs sont détenus par les seigneurs Trinh. Dans le Sud, les seigneurs Nguyên ont élargi leur territoire jusqu'au delta du Mékong et entreprennent en même temps une guerre contre la famille Trinh. La guerre entre les deux dura de 1627 à 1772. C'est l'époque où le pays était connu beaucoup de grandes perturbations tant politiques que socio-économiques. Depuis la fin du XVIe siècle, le pays avait établi des liens commerciaux avec les pays occidentaux comme le Portugal, l'Espagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la France. Grace auxquels que le catholicisme commençait à se propager au Vietnam à cette époque. L'économie et la production de marchandises se développaient, et ainsi, bon nombre de centres urbains s'épanouissaient. À Dang Ngoai (le Nord) il y avait Thang Long, Pho Hien et à Dang Trong (le Sud), il y avait Hoi An, Thanh Ha et Nuoc Man.

En 1771, les trois frères paysants Nguyen Nhac, Nguyen Hue, Nguyen Lu dirigent l'insurrection Tay Son et renversent la domination des seigneurs Nguyên. Au début de 1785, après avoir battu les troupes de Siam (Thailande) à Rach Gam - Xoai Mut (sur le fleuve My Tho), les forces Tay Son avancent vers le Nord et anéantissent les seigneurs Trinh. Lê Chieu Thong - le dernier roi de la dynastie Lê - se réfugie en Chine, et fait appel à la dynastie chinoise Qing pour renvoyer des troupes au Vietnam. En 1788, Nguyên Hue monte sur le trône à Phu Xuan (Huê). Puis il mène ses troupes vers le Nord à Thang Long pour battre victorieusement les 290.000 soldats chinois en janvier 1789. Quang Trung (Nguyên Hue), premier empereur de la souveraineté Tay Son, entreprend la mise en place d'un certain nombre de politiques avancées en matière d'agriculture et d'éducation. En 1792, Quang Trung meurt tandis que Nguyen Anh, avec l'assistance des français, retourne dans le delta du Mékong pour mener la guerre contre les troupes de Tay Son.

En 1802, Tay Son est battu, Nguyen Anh se rend maître de Phu Xuan (Huê) et par son couronnement, se proclama premier empereur et fondateur de la dynastie des Nguyen. Il rebaptisa le pays Viet Nam. De nombreuses théories suggèrent que le nom de Viet Nam a été crée en combinant deux éléments raciaux et géographiques, signifiant littéralement: le peuple Viet du Sud. Pendant le règne de l’empereur Minh Mang (1820-1840), le pays a été rebaptisé Dai Nam, mais le nom de Viet Nam était toujours largement utilisé dans les ouvrages littéraires, les affaires commerciales et les relations sociales. Les premiers rois de la dynastie des Nguyen comme Gia Long, Minh Mang unifient le pays et contrôlent un territoire plus large par rapport à celui des règnes précédents. Le Confucianisme occupe une position dominante et constitue un appui pour l'idéologie conservatrice des Nguyen. Les rois Nguyen commandent la rédaction de livres sur l'histoire et la géographie nationales, impriment plusieurs collections de livres importants, significatifs pour la culture nationale. Ils réalisent bien la politique de défrichement pour la mise en place de fermes et le développement hydraulique mais imposent une politique de «portes fermées» bloquant l'accès aux ports et au commerce, renonçant aux délégations diplomatiques venues établir des relations avec le Vietnam.

 

5. L'époque de la domination française (1858-1945)

En 1857, le gouvernement français approuva la décision de conquérir le Vietnam. Cependant, compte tenu de la résistance des patriotes vietnamiens, il fallut 30 ans aux colonialistes français pour instaurer leur domination sur l'ensemble du territoire vietnamien (1887). En 1887, l'Union Indochinoise fut constituée comprenant 5 régions: le Tonkin, l'Annam, la Conchinchine, le Cambodge et le Laos. Au début du XXe siècle, les activités socio-économiques des français au Vietnam furent vraiment renforcées. Les français concentrèrent leurs investissements dans l'exploitation minière et certaines autres industries. Apparurent de vastes fermes de plantations. Outre le riz, venaient s'ajouter la culture du thétier, du cafétier, de l'hévéa et du ricin, etc... Les produits agricoles et artisanaux commencèrent à devenir des marchandises d'échange. Conséquemment à ces changements économiques, les classes bourgeoise et ouvrière du Vietnam virent le jour. Afin de faciliter sa politique d'exploitation des colonies, la France maintint sur le trône le roi et sa dynastie, mais ils n'étaient que des «marionnettes». Sur le plan éducatif, les colonialistes français abolirent en 1915 l'ancien système de concours et imposèrent trois cycles de l'enseignement de base (maternelle, primaire et secondaire). Et en 1917, ils lancèrent officiellement la formation de fonctionnaires administratifs «à la française». Le gouverneur général d'Indochine promulgua un décret pour restructurer le mécanisme d'organisation des villages en 1904. Cela représenta une profonde ingérence qui traduisait la volonté de créer une nouvelle classe de propriétaires terriens censés remplacer les précédents. En ce qui concerne le milieu ouvrier ainsi que celui des paysans, les colonialistes exécutèrent une politique de domination rigoureuse. La population subit plusieurs impôts et taxes. Les colonialistes français pratiquèrent une politique de l'obscurantisme. Les patriotes vietnamiens continuèrent la lutte pour la libération du pays, les uns suivirent les autres et en 1930, Nguyên Ai Quoc, c'est-à-dire Ho Chi Minh, fonda le Parti Communiste Indochinois (ou le Parti Communiste Vietnamien plus tard). Depuis, les communistes ont dirigé le mouvement de libération nationale.

 

6. Le Vietnam indépendant (depuis 1945)

Lorsque la deuxième guerre mondiale mit fin et que les fascistes japonais se rendirent, le peuple vietnamien avait mené avec victoire la Révolution d'août 1945. Le 2 septembre 1945, le Président Ho Chi Minh proclama l'indépendance du pays et l'avènement de la République Démocratique du Vietnam sur la place Ba Dinh (Hanoi). Dès la fin du mois septembre 1945, les troupes françaises se réinstallèrent graduellement en Indochine. Sous la direction du Parti Communiste Indochinois et du Président Ho Chi Minh, le peuple Vietnamien entreprit la résistance contre les colonialistes français pour sauvegarder l'indépendance. La victoire historique de Dien Bien Phu en 1954 mit fin à une grande résistance du peuple vietnamien et libéra la moitié du pays. En vertu de l'accord de Genève, les français se retirèrent du Nord du pays, et le Vietnam fut provisoirement divisé en deux régions. Au Nord, la République Démocratique du Vietnam s'engagea à l'œuvre de reconstruction du pays dans la paix. Dans le Sud, où les américains ont évincé les français en installant un nouveau gouvernement-marionette réactionnaire pro-américain, se déroula toujours la lutte de libération nationale. Après des échecs militaires très lourds au Vietnam, les Etats Unis, forcés de signer l’accord de Paris, ont totalement retiré leurs troupes en 1973.

Avec l'offensive générale au printemps 1975 dont l'apogée fut la campagne historique d'Ho Chi Minh, le gouvernement-marionette de Saigon s'effondra le 30 avril 1975. Le Vietnam fut tout à fait réunifié et à la première législature de son Assemblée Nationale le 2 juillet 1976, il porte le nom officiel «la République Socialiste du Vietnam», avec Hanoi comme capitale.

 

7. LeRenouveau” au Vietnam

Au cours des 10 années qui s’en suivaient après la réunification, le Vietnam s’est heurté à d’innombrables difficultés. A cause des conséquences laissées par la guerre, le Vietnam reste un pays agricole pauvre dont l’agriculture est le moyen de subsistance principal. L’économie reste celle de petite production, les infrastructures techniques sont peu développées, la gestion, nettement marquée par la bureaucratie et le système de subvention budgétaire, est peu efficace. Le pays a vu son économie tomber en crise et stagnation. En plus, de 1975 à 1989, il doit encore mener en même temps deux guerres aux frontières du Sud-Ouest et du Nord. Le Vietnam était isolé au plan international à cause du malentendu du monde envers le fait qu’il a aidé le peuple cambodgien à renverser le régime de génocide des Khmers rouges. Tout cela a été à l’origine de nombreuses difficultés rencontrées par la population dans sa vie quotidienne. Durant cette période, il lui manquait de tout, le chômage et les vices sociaux deviennent les questions épineuses, l’inflation était galopante et grimpa jusqu’à 774% en 1986, l’importation vivrière était encore plus importante (2,2 millions de tonnes en 1979).

Dans ce contexte, le Vietnam a cherché à accélérer la production sylvico-agricole et la pêche, à développer l’industrie de marchandises de consommation et l’industrie locale pour répondre aux besoins de la population. Graduellement et à l’instar des actions au niveau local, s’est dessiné un nouveau mode de gestion dans l’agriculture: le travail à forfait pour les membres des coopératives agricoles. Cette réforme aide les paysans à se sentir plus attaché à leur terre et aux fruits de leur travail, stimulant l’agriculture. En effet, de 1981 à 1985, la croissance annuelle de l’agriculture a été de 4,9 %. Quant à l’industrie, en 1981, le gouvernement a promulgué des décisions sur certaines politiques et mesures afin de valoriser les initiatives dans la production et le commerce, l’autonomie financière et l’application du mode de paiement des salaires à forfait dans les entreprises étatiques, contribuant à réduire l’inertie dans leur production. Pour cette raison, l’industrie connait une croissance annuelle de 9,5 % pour la période 1981-1985. Néanmoins, il est impossible de stabiliser l’économie, d’équilibrer le budget et les liquidités en circulation tout en maintenant le système de subvention budgétaire.

En 1985, un réajustement global des prix, salaires et monnaie est entamé avec le changement de la monnaie, la promulgation du régime d’un prix unique et un nouveau système salarial. A partir de ce moment-là, il ne reste qu’un seul prix, le vrai prix commercialisé. Grâce à cette réforme de distribution des produits, on a stabilisé les finances et accéléré la production des marchandises stratégiques gérées par l’Etat, le système des subventions est donc aboli, le système des coupurres des vivres a été annulé pour l’indexation des salaires. La production marchande est reconnue de même que ses lois.

En 1986, le Vietnam a adopté la politique de Renouveau dont l’accent est mis sur la réforme économique pour faire épanouir la production, abolir définitivement le système de subvention budgétaire et enfin construire une économie de marché à orientation socialiste. Cet événement marque un tournant dans le processus de développement du peuple vietnamien dans la nouvelle époque. Pour établir un nouveau mécanisme de gestion, une grande réforme de l’appareil d’Etat a été menée (par exemple: spécialiser les compétences pour ne pas confondre la gestion administrative avec celle de la production et de la commercialisation). L’édification synchrone et le développement du mécanisme d’économie de marché et de différentes formes de marchés (par exemple: marché des capitaux,...) ont été graduellement réalisés.

À l’issue de la réalisation des 4 plans quinquennaux, le Vietnam est passé d’un pays importateur de vivres à la place du deuxième exportateur mondial de riz. La gamme des produits exportés s’est de plus en plus diversifiée et de nombreux produits du Vietnam sont largement connus du monde entier comme café, poivres, caoutchouc, noix des cajoux, meubles, vêtements, chaussures, produits aquatiques, construction navale... Pendant 20 années, l’économie nationale a atteint un taux moyen de croissance soutenue d’environ 7,5% par an et plus d’un million d’emplois sont créés chaque année. Le PIB/habitant a augmenté de 200 USD en 1990 à 1.024 USD en 2008, le taux de chômage est ramené à moins de 5%, l’espérance de vie est élevée de 63 ans en 1990 à 73 ans en 2009, le taux d’alphabétisation chez les habitants de plus de 15 ans a atteint 95%. L’indice de développement humain (IDH) du Vietnam s’est sans cesse amélioré, du niveau sous-moyen de 0,498 en 1991 au niveau moyen de 0,733 en 2008, classifié en 105è place parmi un total de 177 pays classifiés. Jusqu'à la fin de 2008, plus de 80 pays et territoires ont investi au Vietnam dans près de 10.000 projets pour un fonds engagé de 160 milliards d’USD. Les aides publiques pour le développement (APD) accordées au Vietnam par les bailleurs de fonds ont atteint jusqu’en 2008 plus de 50 milliards d’USD. Le pays accueille chaqu’année plus de 4 millions de touristes étrangers et entretient en ce moment des relations commerciales avec 220 pays et territoires. Tous les aspects de vie de la population sont améliorés de jour en jour, le Vietnam a accompli en 2006, avec 10 ans avant terme, les objectifs millénaires en réduction de pauvreté fixés par l’ONU. D’autre part, le système juridique est de plus en plus perfectionné et l’encadrement de la société par la loi est de plus en plus efficace.

 

La structure économique du Vietnam

 

An

Agri-silvi-aquaculture

Industrie-construction

Services

1985

38,00 %

29,00 %

33,00 %

2008

22,10 %

39,73 %

38,17 %

 

La structure du travail

 

An

Agri-sylvi-aquaculture

Industrie-construction

Services

2000

68,00 %

12,00  %

20,00 %

2008

52,62 %

20,83  %

26,55 %

 

La structure de contribution en PIB

 

An

Secteur étatique

Secteur privé

Secteur du capital étranger

1995

40,18 %

53,51 %

06,31 %

2008

34,35 %

46,97 %

18,68 %

 

Au plan des relations internationales, en tant que membre de l’ONU depuis 1977, le Vietnam a proposé une série d’initiatives politiques afin de régler rapidement les problèmes concernant le Cambodge, de normaliser les relations avec la Chine, d’améliorer les relations avec l’ASEAN, rétablir les relations avec l’Occident et normaliser les relations avec les Etats-Unis, visant à remplacer la confrontation par la coopération et la coexistence pacifique, à faire sortir le pays du blocage et de l’isolement économique et politique, à intégrer le pays dans la région et le monde. Vers la fin de 1991, les relations bilatérales sino-vietnamiennes sont rétablies et normalisées. En 1995, le Vietnam est devenu membre à part entière de l’ASEAN et de l’ASEM,  il a normalisé ses relations avec les Etats-Unis. A partir de 1998, il participe à l’APEC et adhère à l’OMC en 2007. Le pays est hôte du VIIè Sommet de l’OIF en 1997, du Vè Sommet de l’ASEAN en 2004 et du XIè Sommet de l’APEC en 2006. Il a assuré son rôle de  membre non-permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU pour le mandat 2008-2009.

Actuellement, le Vietnam entretient ses relations diplomatiques avec 182 pays du monde. Sa position internationale a été beaucoup élevée avec une politique de large ouverture, de diversification, multilatéralisation des relations internationales et d’intégration régionale et internationale.

Son objectif stratégique de développement socio-économique est de faire du Vietnam d’ici 2020 un pays industriel avec des infrastructures modernes, une structure économique adéquate, des relations de production modernes et conformées au niveau de développement des forces de production, un niveau de vie matérielle et morale développé, une défense et sécurité nationale solide.

L’histoire de développement du peuple vietnamien démontre que la plus noble des valeurs du peuple vietnamien réside dans son patriotisme, sa volonté de compter sur ses propres forces, sa tradition de solidarité pour la grande cause nationale. Difficultés et épreuves dans la vie ont forgé l’assiduité, la créativité et la patience chez les Vietnamiens. La nécessité de s’unir pour relever des défis a rapproché l’homme de la nature ainsi que les uns des autres dans un ensemble de relations de famille, de voisinage, de parenté au sein des communautés que constituent la famille, le village et la nation. L’histoire a aussi fait naître chez les Vietnamiens l’esprit d’entraide, de solidarité, de charité et de fidélité: on se serre les coudes dans les moments difficiles ou quand les difficultés surgissent, tout le pays fait bloc. Enfin, les Vietnamiens sont connus pour leur grande capacité d’adaptation et d’intégration, leurs conduites modérées, leur curiosité de connaissances et leur esprit de tolérance.

Ce sont là autant de sources potentielles pour une mise en oeuvre avec succès l’objectif fixés par le Vietnam: “Le peuple prospère, le pays puissant, la société équitable, démocratique et avancée”.

 

III. Nationalités

 

Le peuple vietnamien est formé à travers le processus d'interférence anthropologique et des deux cultures anciennes d'Asie: cultures chinoise et indienne tout en créant sa propre identité. Anthropologiquement, les vietnamiens appartiennent à la race des mongoloides méridionaux. A présent, 54 ethnies vivent ensemble sur le territoire. Les Kinh (les Viet) représentent près de 90 % de la population totale. Les langues des ethnies vietnamiennes appartiennent à 8 groupes différents: Viet-Muong, Tay-Thai, Mon-Khmer, Mong-Dzao, Kadai, Malayo-Polynésien, Han, Tibéto-Birman. A travers des siècles, les ethnies vietnamiennes se sont étroitement unies dans la même mission historique de lutter contre les agresseurs, défendre le pays, conquérir le droit de vivre, le droit à l'indépenmdance, à la souveraineté. Chaque ethnie a sa propre langue, sa propre culture, faisant partie intégrante de la culture vietnamienne riche en genres et en couleurs.

 

IV. Religion

 

Dans la vie spirituelle des Vietnamiens, ont existé plusieurs formes de croyances et réligions différentes. Ils ont pour coutume d'avoir le culte des ancêtres, du génie protecteur du village (Thanh Hoang), de Bouddha, des esprits, des héros ayant rendu service au pays et au peuple... en particulier de Mau ou Me (Sainte-Mère). Le culte de Mau prend son origine dans celui des divinités de l'époque antique, des déesses de la montagne, de la forêt, de l'eau. Par la suite, Mau est vénérée dans les temples où elle occupe la place la plus honorable. Le culte de Mau est originaire du Nord. Répandu au Sud, il est mêlé à celui d'autres déesses locales: Thien Y A Na (Hue), Linh Son (Tay Ninh). En réalité, au culte de Mau se joignent d'autres formes réligieuses. Aujourd'hui, comme la croyance populaire est prise en considération, plusieurs temples et palais ont été et continuent d'être restaurés avec des activités animées. Outre la croyance populaire, il y a au Vietnam certaines grandes réligions: Bouddhisme, Catholicisme, Protestantisme, Islam, Caodaisme, Secte bouddhiste de Hoa Hao...

 

1. Le Bouddhisme

Introduit au Vietnam au IIè siècle, le bouddhisme a atteint son apogée et fut considéré comme l'idéologie officielle au temps des Ly (XIè siècle). Le bouddhisme s'est largement répandu parmi la population et a exercé une profonde influence sur la vie sociale, laissant de nombreuses empreintes dans les domaines culturel et architectural. Beaucoup de pagodes et de tours ont été construites pendant cette période. A la fin du XIVè siècle, le bouddhisme s'est, dans une certaine mesure, estompé mais ses pensées exercent encore une influence durable sur la vie sociale et les activités quotidiennes. A présent, les pratiquants du bouddhisme et ceux qui en subissent l'influence représentent environ 13 millions de personnes.

 

2. Le Catholicisme

Il fut introduit au Vietnam au XVIIè siècle. Les catholiques sont concentrés actuellement à Bui Chu - Phat Diem (province de Ninh Binh) et Ho Nai - Bien Hoa (province de Dong Nai). Ils représentent quelque 10% de la population.

 

3. Le Protestantisme

Il fut introduit au Vietnam en même temps que le catholicisme, mais s'est peu répandu. Les protestants vivent pour l'essentiel au Tay Nguyen (Hauts-Plateaux du Centre). A Hanoi, il y a une église protestante dans la rue Hang Da. Le pays compte actuellement environ 400.000 pratiquants de cette réligion.

 

4. L'Islam

Les islamistes sont principalement des Cham vivant au centre du Trung Bo. Ils sont au nombre de 50.000 personnes.

 

5. Le Caodaisme

Il a fait son apparition en 1926. Le temple caodaïste de Tay Ninh est le centre de réunion des caodaistes au Sud Vietnam. Il y a plus de 2 millions de fidèles.

 

6. La secte bouddhiste de Hoa Hao

Il a fait son apparition en 1939. Elle compte plus d'un million d'adeptes, principalement à l'Ouest du Nam Bo.

 

V. Mœurs et Coutumes

1. Village et convention du village

Le Vietnam possède une culture éclatante basée sur la civilisation agricole. Ainsi, la vie des Vietnamiens est étroitement liée à leur hameau, à leur village, à leur pays natal. Le caractère ordonné dans la société vietnamienne consiste en ce que la population se regroupe en village et commune dans les régions rurales et en quartier et corporation dans les agglomérations urbaines. Les villages et corporations ont vu le jour dès l'aube de la nation. Peu à peu, ces organisations se sont stabilisées et renforcées. Sur la base du consentement et du consensus, les villageois établirent leur loi appelée Convention du village et les artisans du même métier se regroupant en hameaux et rues la Convention de la corporation. L'esprit prédominant des conventions du village et de la corporation part de bonnes moeurs de chaque groupement d'habitations; elles s'inscrivent concrètement et de façon vivante dans le cadre de la loi nationale. Au Musée Han-Nom à Hanoi et dans d'autres localités on préserve encore des dizaines de milliers de textes de telles conventions.

 

2. Le culte

L'esprit prédominant de la coutume du culte des Vietnamiens est "Quand on boit de l'eau, on pense à la source". Les générations ultérieures sont reconnaissantes envers les générations précédentes. Les habitants se souviennent avec reconnaissance des héros qui ont rendu service au peuple, au pays, de ceux qui ont inventé des métiers. L'homme est reconnaissant envers le Ciel, la Terre, la Nature. La croyance répandue des Vietnamiens est le culte des ancêtres qui est célébré de la façon la plus solennelle, la plus respectueuse lors de la fête du Têt (Nouvel An lunaire). A la fin de l'année, les maisonnées font toutes la visite des tombes, c'est-à-dire réparent les tombes de leurs proches, invitent leur ame à revenir partager le Printemps avec les descendants. Par ailleurs, lorsque vient le jour où une personne est décédée, sa famille prépare des repas, allume la lampe et brûle des baguettes d'encens pour lui faire des offrandes et célébrer l'anniversaire de sa mort. Le troisième jour du troisième mois lunaire, au moment où herbes et plantes retrouvent leur verdure, le temps est doux, les gens vont visiter les tombes de leurs morts et se régaler de beaux paysages du printemps. C'est la fête des morts (Thanh Minh). En outre, chaque ethnie de la communauté vietnamienne, chaque localité a sa propre coutume du culte.

 

3.     Les fêtes traditionnelles

 

a. La genèse et le sens des fêtes traditionnelles

La fête traditionnelle est, pour les Vietnamiens, une activité culturelle et spirituelle dont l’origine et le développement se situent dans leur histoire. Depuis des siècles, ils sont fidèles à l’adage “en buvant de l’eau on pense à la source”. La fête est un événement représentatif de cette précieuse tradition communautaire où l’on vénère les divinités, les génies, personnages réels de l’histoire nationale ou personnages légendaires de la mythologie. Les génies réunissent dans leur image ce qu’il y a de meilleur dans l’homme. Ce sont des héros de luttes contre l’agresseur, des défricheurs de terres vierges, des patrons de nouveaux métiers, des hommes qui ont combattu les calamités naturelles ou les animaux sauvages, des médecins, des personnages légendaires qui dirigent la vie des mortels et les aident à faire le bien et à mener une vie heureuse. La fête constitue un événement qui exprime aux génies, pour leurs bienfaits, la reconnaissance de la communauté et de la nation. La fête donne aux hommes l’occasion d’un retour aux sources, naturelles ou nationales, qui ont, dans l’esprit de chacun, un sens sacré. La fête est l’expression de l’unité et de la force de la communauté locale, voire nationale. Ses membres ont un même génie à honorer et un même besoin de solidarité pour surmonter les difficultés de l’existence et la rendre plus heureuse et plus facile. La fête permet à toutes les couches de la société de satisfaire leur désir de créer et de jouir de valeurs culturelles, matérielles ou spirituelles. Associant les rites religieux aux jeux, compétitions et divertissements, elle apprend aux générations futures à conserver l’héritage et à mettre en valeur les vertus traditionnelles de la nation, chacune selon sa propre manière. La fête est une occasion pour l’homme de faire part aux divinités de ses inquiétudes et de ses peines, de leur faire savoir qu’il attend leur aide et leur protection pour surmonter les épreuves qui lui ouvriront les portes d’un meilleur avenir. Les fêtes constituent des musées vivants de la culture propre de la nation, héritage de plusieurs siècles ainsi perpétué.

 

b. La fête, partout, se déroule normalement selon trois phases

Les préparatifs: La préparation de la fête se divise en deux périodes, la préparation de la fête suivante et celle de la fête présente. La préparation de la fête suivante doit être mise en route dès la fin de la fête précédente et les taches distribuées avec soin. Avant le début de la fête il faut soigneusement vérifier les offrandes, les habits de culte, la propreté des temples, ouvrir les portes, accomplir les cérémonies d’ablution des statues de Bouddha et vêtir et coiffer de neuf les statues des génies.

Le cours de la fête: Les activités essentielles les plus marquantes d’une fête consistent en l’accomplissement d’un certain nombre de rites qui s’étendent sur plusieurs jours. Ce sont des activités telles que la cérémonie de culte, l’offrande d’encens, la procession, les jeux et divertissements. De la qualité de leur organisation dépendent la quantité, petite ou grande, des participants et la durée, un seul jour ou plusieurs, de son déroulement.

La clôture de la fête (cérémonie des adieux): Le comité d’organisation organise une cérémonie d’actions de grace et ferme les temples et les pagodes.


c. Les périodes de fête

C’est surtout sur les trimestres de printemps et d’automne que les fêtes sont organisées. Ce sont en effet les périodes pendant lesquelles les gens peuvent le mieux profiter de leurs loisirs. De plus, la douceur et la fraîcheur du printemps et de l’automne favorisent l’organisation des fêtes. Ces deux facteurs contribuent à donner aux participants joie et agrément.

 

d. Les rites de la fête

La fête se doit d’accomplir certains rites religieux qui se succèdent selon un ordre strict depuis la préparation jusqu’à la fin de la fête. On compte généralement parmi eux: la cérémonie d’ablution (môc duc), la cérémonie rituelle d’habillement et de coiffure des statues (gia quan), la cérémonie de procession, la cérémonie d’ouverture et la cérémonie des adieux.

Le môc duc se déroule souvent à minuit, la veille de l’ouverture de la fête. Les cérémonies de procession de l’eau et de présentation aux génies précèdent le môc duc dans certaines localités. Après le môc duc, vient le gia quan. S’il n’y a pas de statue, qu’il y a seulement les tablettes cultuelles, il faut poser sur le trône costumes et coiffure. Ensuite, un jour avant la cérémonie de procession, on place la statue ou les tablettes cultuelles ou les costumes et la coiffure sur le palanquin.

La procession: les fêtes comportent souvent des cérémonies de procession des génies, des génies tutélaires du village, du texte de la prière ou de l’eau. Celles des génies ou génies tutélaires du village se déroulent avant les cérémonies d’ouverture et de clôture de la fête. Le programme et le sens de la cérémonie de procession diffèrent d’une fête à l’autre par l’identité des génies, celle des participants, le style d’exécution, et l’ordre des groupes en procession. Les processions les plus courantes sont celle des génies et celle de l’eau.

La fête vénère souvent les divinités des temples. Le plus souvent, elle se tient dans les maisons communales ou dans les temples car ils ont des superficies importantes favorables à l'organisation de la cérémonie rituelle et des jeux de divertissement. Avant l’ouverture de la fête, la procession des génies part du temple ou de la maison communale et se rend là où la fête est organisée. A la fin de la fête, la procession ramène les génies aux lieux de leur culte. Après la procession, se déroulent les cérémonies de culte et d’ouverture. Dans certaines localités la cérémonie de procession des textes de la prière dédiés aux génies se répète quotidiennement. On offre aux divinités un texte de la prière différent d’un jour à l’autre. On le place alors sur le palanquin qu’on nomme dans ce cas kiêu văn (palanquin de texte). Dans les fêtes traditionnelles, seuls les hommes de plus de dix-huit ans prennent part à la procession, mais dans certaines fêtes vouées au culte de divinités féminines, telles que la fête de Phu Dày et celle de Ha Loi, les membres de la procession sont essentiellement des femmes. Ce sont les villageois qui choisissent les participants à la procession, les giai đô. Ce sont des jeunes hommes forts, talentueux et vertueux. Etre choisi est un honneur tant pour soi-même que pour sa famille. Des marques distinctives permettent de différencier les membres de la procession d’autres groupes défilant sur son trajet. Avant qu’ils ne se mettent en route au dehors, on entend, venant du temple et de la maison communale, les sons du tambour et du gong (ou jadis, coutume aujourd’hui bannie, les bruits des pétards). On bat le tambour et le gong depuis la veille à minuit, pour rappeler à tout le monde que c’est la fête. Jadis, on faisait exploser des pétards pour annoncer la fête aux gens. On organise une grande cérémonie de clôture (cérémonie des adieux) au dernier jour de la fête. Cette journée est organisée, dans tous ses détails, selon des règles strictes.

 

4. Les fêtes et les rites les plus répandues au Vietnam

Les vietnamiens ont nombreux fêtes traditionnelles chaque l'année, à partir de la fête du Nouvel An lunaire (Têt Nguyen Dan), le 1er du 1er mois lunaire.

 

a. Têt Nguyen Dan

Pour la plupart des vietnamiens, le Têt Nguyen Dan, le Nouvel An lunaire, est la plus grande, la plus sacrée et la plus attrayante de toutes les fêtes. Le Têt se déroule à la charnière entre deux années lunaires. Il marque la fin d’un cycle de la nature. C’est à la fois la fin de l’hiver et le début du printemps – la saison du renouveau universel, animal et végétal. 

 

b. Les rites des 1er et 15e jours de chaque mois lunaire

D’après les sutras bouddhiques, les 1er et 15e jours de chaque mois lunaire sont les journées de Bouddha, et le culte lui est rendu sur les autels, ainsi que sur l’autel des ancêtres. On fait brûler de l’encens et l’on présente des plateaux de fruits et autres offrandes. Même si les célébrations de la nouvelle année lunaire sont terminées, l’atmosphère de fête du Têt subsiste. Le temps est doux malgré un crachin occasionnel, les temples et les pagodes sont envahis de personnes agées disant leurs prières, de jeunes gens demandant le bonheur en amour et la chance en affaires, des parents demandant santé et prospérité pour leurs enfants… Les fruits et les mets délicats offerts à Bouddha sont ramenés à la maison pour être distribués à tous les membres de la famille comme des cadeaux des dieux. Selon l’astrologie traditionnelle, le destin de chaque personne est influencé par une étoile en particulier. Le 15e jour de chaque mois, on rend le culte à sa bonne étoile devant un autel à trois étages. Sur l’étage supérieur, on dépose les offrandes de nourriture et d’encens pour les Cieux et pour Bouddha. Sur l’étage intermédiaire, ce sont les offrandes pour l’étoile tutélaire. Sur l’étage inférieur, on dépose différentes sortes de nourriture, dont du gruau de riz pour les « ames errantes ». L’origine du caractère sacré de cette date particulière n’est pas très claire. L’une des explications serait qu’à l’occasion de la première pleine lune de l’année, l’empereur de Chine avait l’habitude d’offrir un prodigieux banquet aux plus importants lettrés du pays, qui composaient alors des poèmes à la gloire du monarque, et louaient les beautés de la nature. Et pour les hommes de lettres, la lune est au firmament de sa beauté au cours de cette nuit-là. Pourtant, quelle que soit l’origine de cette tradition, une chose est sûre, ces jours-là, le cœur de tout un chacun se tourne vers une vision de paix et de bonheur.

 

c. Têt Khai Ha

Khai Ha est organisé le 7e jour du 1er mois lunaire. Le propriétaire offre de l’argent et des habits en papier votif à ses ancêtres, et leur dit au revoir. Le piquet de bambou, cay neu, est abaissé et la nouvelle année est accueillie. Selon les croyances populaires, si le temps est doux et le soleil brille pour Khai Ha, l’homme sera en bonne santé et chanceux tout au long de l’année.

 

d. Têt Thuong Nguyen (Têt Nguyên tiêu)

Têt Nguyên tiêu se déroule le 15e jour du 1er mois lunaire,  la première pleine lune de l’année. Cette fête est généralement organisée aux pagodes, parce que le jour-là est l’anniversaire de la naissance de Bouddha. Les temples et les pagodes sont envahis de personnes agées qui font brûler de l’encens et l’on présente des plateaux de fruits et autres offrandes.  

 

e. Têt Thanh Minh

On parle généralement de calendrier lunaire pour décrire le calendrier vietnamien et chinois, mais il s’agit en réalité d’une combinaison des calendriers lunaire et solaire. Les jours et les mois sont basés sur les phases de la lune; la pleine lune tombant au milieu de chaque mois. Mais, le calendrier est également divisé en 24 périodes climatiques qui s’appuient sur les mouvements visibles du soleil dans le zodiaque. Thanh Minh est le nom d’une de ces périodes. La plupart des années, cette période débute au 3e mois du calendrier lunaire vietnamien. Littéralement, Thanh Minh signifie clair et lumineux. Le temps est alors propice à la visite des tombes et les premiers jours de cette période sont appelés Têt Thanh Minh. À l’époque féodale, les rites de Thanh Minh comptaient parmi les plus importantes cérémonies de la cour royale et elles étaient présidées par le roi lui-même. Dans le livre des rites royaux (Kham Dinh Dai Ban Hoi Dien Su Le), il était noté que, chaque année, au début de la période Thanh Minh, le souverain venait au temple royal pour conduire la cérémonie dédiée à ses ancêtres. Le ministère des Rites était responsable de tous les arrangements. Dans les villages ruraux, les familles de paysans ne respectaient pas strictement le calendrier et, par convention, les trois premiers jours du troisième mois devinrent le temps de ce festival annuel. Par le passé, les tombes étaient dispersées dans les rizières ou sur les basses collines. Les gens profitaient alors de la fête du Thanh Minh pour désherber et entretenir les tombes de leurs ancêtres et parents. Une cérémonie était organisée dans le temple familial ou dans la maison funéraire du chef du clan pour rendre hommage aux ancêtres. C’était également l’occasion de se réunir pour les membres du clan et de renforcer leurs liens. Au cours des dernières années, la plupart des tombes ont été déplacées dans des cimetières officiels, et nombre d’entre eux sont pavés de briques ou de béton. Il n’y a donc plus vraiment besoin de faire d’efforts d’entretien pour les tombes, mais les gens visitent toujours celles de leurs ancêtres pour faire brûler de l’encens, non seulement pendant Thanh Minh, mais également pour le Nouvel An lunaire. La visite des tombes et le culte des ancêtres est l’une des caractéristiques de la vie spirituelle des gens de ce pays.

 

f. Têt Doan Ngo

Survenant le 5e jour du 5e mois lunaire, le Têt Doan Ngo est une journée de purge. C’est une fête qui vient en milieu d’année pour améliorer la prévention des maux et des maladies et honorer la mémoire des ancêtres.

 

g. Têt Trung Nguyen

Aussi appelée la « Journée des ames errantes » cette fête a lieu le 15e jour du 7e mois lunaire. Ce jour-là, les gens se rendent toujours à la pagode pour faire de généreuses offrandes aux ames errantes.

 

h. Têt Trung Thu (Fête de la mi-automne)

La fête du mi-automne est célébrée le quinzième jour du huitième mois lunaire. Même si cette célébration est dédiée aux enfants, les adultes participent aussi aux festivités. Les enfants chantent, dansent et font une parade de lanternes ayant la forme de lune, d'étoile ou d'animal. Les activités ont lieu pendant la journée. Les enfants mangent des fruits et des gateaux qui ont été préparés tout spécialement pour eux.

 

i. Têt Trung Cuu

Cette fête des doubles neufs (le 9e jour du 9e mois lunaire) est originaire de Chine. À cette occasion, les érudits confucéens avaient coutume d’aller marcher sur la montagne en buvant de la liqueur de chrysanthème. De nos jours, peu de communes célèbrent encore cette fête, qui a tendance à se perdre.

 

j. Têt Trung Thap

Les Vietnamiens ont l’habitude de prendre congé de Ong Cong (le Génie de la terre) et de Ong Tao (le Génie de la cuisine) le 23e jour du 12e mois lunaire. Ils s’envolent tous les deux vers les Cieux pour aller faire leur rapport à Ngoc Hoang (l’Empereur de Jade) sur la vie du propriétaire de la maison où ils habitent, et demander chance, prospérité et bonheur. La veille du Nouvel An lunaire, ils reviennent tous deux sur terre pour reprendre leurs fonctions, qui consiste à surveiller la cuisine de la maison. Ce culte rendu à Ong Cong et Ong Tao proviendrait d’une vieille légende. Un couple était tellement pauvre qu’ils durent aller très loin pour gagner leur vie. Et ils se perdirent. Après avoir longtemps cherché en vain à retrouver son époux, la femme finit par se remarier. Un jour, son vieux mari vint par hasard frapper à sa porte pour mendier de la nourriture. Le vieux couple se reconnut. Triste et gênée de son infidélité à son mari, la femme sauta dans le feu et mourut dans les flammes. Son mari, de douleur, la suivit dans les flammes, de même que le nouvel époux. Touché par cet amour profond, l’Empereur de Jade permit aux trois personnages de vivre ensemble comme le Génie de la cuisine. Le jour de la fête de Ong Cong et Ong Tao, les gens préparent généralement du riz collant à la vapeur avec du sucre, des gateaux en forme de cônes tronqués en riz collant, et de l’encens et des fleurs pour la cérémonie d’offrande. Ils préparent également une bassine d’eau dans laquelle ils mettent une grosse carpe vivante, ou encore trois petites. Après la cérémonie, les carpes sont relachées dans un étang ou dans la rivière. Cette coutume a deux significations. D’abord, suivant la croyance populaire, la carpe nage bien et elle pourra passer Vu Mon (la Porte des Cieux) pour se transformer en dragon. Ainsi, Ong Cong et Ong Tao pourront monter au ciel sur une carpe, puis un dragon. Deuxièmement, cette coutume réfère à l’habitude de lacher des animaux, comme des oiseaux dans les airs et des bêtes dans la forêt, ce qui est considérée comme une action généreuse qui apporte le bonheur. Ce culte rendu au Génie de la terre et au Génie de la cuisine a une valeur humanitaire, qui reflète le bonheur familial. Le feu dans la cuisine ne manifeste pas seulement l’union chaleureuse de la famille, mais aussi une bonne récolte et un développement agricole prospère.

 

5. Costume traditionnel

Les deux objets caractéristiques du costume féminin au Vietnam sont la tunique (Ao dai) et le chapeau conique en feuille de latanier (Non la). À la période féodale, le costume traditionnel des vietnamiennes (surtout pour les femmes) sont: robe noire, robe de quatre pièces, la ceinture découpée dans du tissu bleu ou blanc. La classe intellectuelle, les mandarins et les confucianistes portaient un vêtement de cérémonie: pantalons blancs, tunique longue boutonnée sur les côtés, de longs cheveux attachés, des turbans et des pantoufles. Le costume de cérémonie des hommes et des femmes de classe moyenne était une longue tunique noire et des pantalons noirs. Les vêtements changent au fur et à mesure du développement de l'histoire. Jusqu'à nos jours, la tunique de la femme vietnamienne est influencée par la nouvelle culture, elle commence à s'inspirer de la mode européenne et se perfectionne extrêmement luxueuses, plus belles et raffinées qu'au siècle précédent. Dans ensemble, les costumes vietnamiens sont variés. Les femmes ne portent que la robe tunique dans les occasions spéciales comme fêtes, mariage... Les habits traditionnels jadis sont remplacés aujourd'hui par les vêtements les plus commodes, simples propices au travail et à la vie moderne. Pourtant, les coutumes gardent encore toujours leur originalité, leur caractéristique.

Au fil des jours, la tunique de la femme vietnamienne change et se perfectionne. Elle est bien ajustée, mettant en relief les rondeurs et convenant à merveille à la sveltesse des Vietnamiennes. Les deux pans qui descendent jusqu'au mollet et flottent légèrement dans le vent, laissant transparaitre le derrière et les cuisses sous un pantalon de fine soie. Ils sont ouverts un peu plus haut que le pantalon, découvrant une partie du corps. Les manches sont assez amples, peut-être légèrement évasées et ne couvrant que les trois quarts de l'avant-bras si l'on veut respirer la santé, la jeunesse. Récemment, les modes étrangères sont introduites au Vietnam mais ce costume traditionnel est toujours prisé des Vietnamiennes. Dans l'ensemble, les costumes vietnamiens sont variés. Presque toutes les ethnies ont leur propre costume traditionnel. Les fêtes sont pour elles l'occasion de porter leurs vêtements préférés. Au long des milliers d'années, les costumes des ethnies changent mais gardent toujours leur originalité, leur caractéristique.

De pair avec la tunique, les femmes se coiffent de charmants chapeaux coniques en feuille de latanier. Ceux-ci s'améliorent aussi à travers la pratique de leur utilisation aux fins de protection contre le soleil et la pluie. Pour confectionner de beaux chapeaux, l'artisan doit choisir de jeunes feuilles de latanier, les faire sécher et les repasser A l'intérieur des chapeaux, sur la couche de feuilles d'une blancheur immaculée il y a des images de barque et de débarcadères et des poème

Le costume des groupes ethniques du Vietnam est très varié, chaque costume a sa propre originalité caractéristique de la région. À la région montagneuse base, les ethnies qui habitent dans les maisons sur pilotis, portent des pantalons et jupes décorés des motifs imitant les fleurs et animaux de la forêt. En général, la plupart des costumes des ethnies sont décorées par divers ornements avec les couleurs vives et harmonieuses avec des jupes, des vêtements faits par l’habilité et le sens esthétiques des filles et femmes ethniques, les bijoux et les ornements comme des bracelets, boucles d’oreilles, colliers en cuivre, argent sont des objets indispensables quand on parle de leur costume.

 

6. Les habitudes particulières des vietnamiens

 

a. Chique de bétel

Selon la légende, la chique de bétel viendrait de l'époque des Hung Vuong. Une chique de bétel se compose de quatre matières soient la noix d’arec pour le goût sucré, la feuille de bétel pour le goût piquant, l'écorce de racine chay pour le goût amer et la chaux pour le goût ocre. Les livres racontent que la chique de bétel rafraîchit l'haleine, calme la mauvaise humeur, aide à digérer la nourriture et est l'emblème du bonheur; la personne qui en mache serait plus amicale et plus joyeuse pendant les fêtes comme celle du Têt. Cette chique aiderait aussi à se réchauffer pendant les jours de deuil et de froid. Elle fait partie des plateaux pour le culte des ancêtres.

 

b. Tabac fort et le thé

Le thé est considéré comme boisson indispensable par tous les habitants de la ville. On boit du thé chaque jour, du petit matin jusqu’à tard dans la nuit. Les gens en boivent à la maison, sur leur lieu de travail, et dans les stands de thé qui parsèment les rues. Dès que les Vietnamiens ont soif, ils recherchent cette boisson, consommée aussi bien l’été que l’hiver. Par temps froid, siroter un bon thé brûlant réchauffe de l’intérieur. Dans le sud, les gens ont tendance à le préférer froid, avec des glaçons. En y regardant de près, vous apercevrez toujours à côté des tables à thé un vieux tube de bambou, appuyé contre la table ou rangé dans une boîte en bois. Il s’agit du dieu cay (pipe à eau), très caractéristique du Nord du Vietnam. Pour fabriquer cette pipe, il faut un tube de bambou d’une hauteur allant jusqu’à 0,5m, avec une ouverture à l’une des extrémités. Le fumeur de pipe commence par rouler une petite quantité de tabac (thuoc lao) dans sa main avant de l’introduire dans le petit tuyau de bois. Il porte alors l’extrémité ouverte du bambou à sa bouche et allume le tabac avec un baton de bambou tout en aspirant. On entend le bruit du gargouillis de l’eau à l’intérieur de la pipe, qui permet de filtrer la fumée. Lorsque tout le tabac s’est consumé, le fumeur renverse la tête en arrière et exhale lentement la fumée par la bouche, afin d’apprécier complètement tout ce qu’elle a à offrir.

 

7. Noces

Il s’agit d’un événement très important dans la vie des vietnamiens. Jadis,  l’organisation d’un mariage était beaucoup plus élaborée. D’abord, la famille du jeune homme apportait des présents à la belle – famille pour lui demander la main de la fille. Après les fiançailles, le garçon offrait des fruits et des fleurs à l’autre famille lors d’une cérémonie. Ce jour – là, le couple convenait de la date et de l’heure du mariage. Le jour suivant la célébration du mariage, les époux allaient dans la famille de la mariée pour faire hommage à ces ancêtres. Les noces traditionnelles pouvaient être très coûteuses. Aujourd’hui, il y quatre étapes qui conduisent aux noces: la recherche de l’ame soeur. La licence de mariage, les fiançailles et le mariage. Toutes les cérémonies sont beaucoup plus simples qu’auparavant.

 

8. Les funérailles

Selon un proverbe vietnamien, "la mort signifie le bout du chemin", d'où l'importance d'avoir des funérailles solennels. La cérémonie se déroule dans un ordre précis. Le mort est d'abord lavé et habillé.  Par après, quelqu'un lui introduit un peu de riz et trois pièces de monnaie dans la bouche à l'aide de baguettes;  c'est la fermeture de la bouche. Le corps repose à terre sur une natte parce que selon le dicton, «celui qui est né du sol y retourne». Le mort est ensuite enveloppé d'un linceul de toile blanche et couché dans le cercueil. Durant la cérémonie funèbre, la famille du défunt porte les vêtements du deuil; les fils et les filles portent des turbans et des tuniques de gaze blanche et un chapeau fait de feuilles de bananiers séchées. Le jour et l'heure des obsèques sont choisis soigneusement. Des bannières et des couronnes de fleurs accompagnent le cortège funèbre. Ceux qui ont assisté aux obsèques suivent le cercueil en jetant de petits papiers dorés sur la route. Le cercueil est enterré dans une fosse. La famille va porter des offrandes sur la tombe du défunt trois jours après l'enterrement. La famille cesse d'apporter du riz au mort 49 jours après les funérailles selon le rite le Trung Thap. Cent jours après, c'est la cérémonie de la fin des pleurs. L'année suivante, la famille organise une cérémonie pour commémorer la mort de l'être cher. La fin du deuil a lieu deux ans plus tard. Aujourd'hui, les funérailles sont plus simples. Le corps est recouvert d'un linceul avant d'être couché dans le cercueil.  Ensuite ont lieu le cortège funèbre, l'enterrement du cercueil et les visites à la pierre tombale.  Les membres de la famille portent le turban blanc ou la bande funéraire noire autour du bras en signe de deuil.

 

VI. Litérature et arts

1. Langue et écriture

Le Vietnam compte 54 ethnies. Chaque ethnie a sa propre langue et sa propre identité culturelle mais partage une culture unifiée. L'unité culturelle du Vienam se manifeste par l'esprit communautaire, les rapports étroits liant les ethnies dans le processus d'édification et de défense nationales.

Le vietnamien est la langue générale et la langue véhiculaire commune des ethnies vivant sur le territoire du Vietnam. Parallèlement au développement du pays, plusieurs langues étrangères sont utilisées au Vietnam au service des échanges internationaux: anglais, francais, russe, chinois, allemand...

Le fondement de la culture traditionnelle du Vietnam est la culture folklorique. C'est un riche patrimoine culturel avec des mythes et légendes, contes et récits anciens, chansons folkloriques, airs populaires et formes théatrales abondantes. Cette culture populaire s'est développée oralement avant l'apparition de l'écriture. Parallèlement à la littérature orale, la littérature savante a fait son apparition au Vietnam avec des oeuvres en caractères chinois (Xe siècle). Pendant une longue période, les cultures du Nord, de l'Inde, par le truchement du bouddhisme et du confucianisme, ont exercé une profonde influence sur la littérature et l'écriture vietnamiennes. Néanmoins, l'identité de la culture vietnamienne s'est préservée et s'est développée avec l'apparition de la littérature en caractères Nom (transformation des caractères chinois selon la phonétique vietnamienne) au XIIIè siècle. En particulier, au XVIIe siècle des missionnaires occidentaux ont utilisé l'alphabet latin pour transcrire la langue vietnamienne, donnant naissance au quoc ngu qui s'est répandu et est devenu par la suite l'écriture officielle du Vietnam. A la fin du XIXe siècle, la littérature en quoc ngu a vu le jour et s'est développée vigoureusement (prose, poésie, roman, poème...). Après la Révolution d'Août 1945, la littérature contemporaine s'est engagée dans une nouvelle étape, portant un profond caractère national et moderne. Le Vietnam a présenté à l'étranger nombre de ses créations littéraires, tant de la littérature classique que de la littérature moderne; de nombreux auteurs et oeuvres vietnamiens sont ainsi connus du monde.

 

2. Littérature folklorique

Depuis la naissance, la littérature du Vietnam est très variée surtout la littérature orale. Les proverbes, les chansons populaires et les contes oraux transmis de génération en génération constituent un trésor précieux. Chaque village, région et groupe ethnique a des oeuvres qui datent de plusieurs années et qui appartiennent maintenant au patrimoine du pays. Les Muong de Hoa Binh ont leur épopée "De Dat, de Nuoc" (La Naissance de la Terre et de l'Eau), les Thais au Nord - Ouest possèdent leur récit en vers "Xong chu xon xao" (Confidence avant le départ de l'amant", les Ede aux Hauts - Plateaux disposent leurs épopées de dam San et de Xinh Nha des milliers de vers...Au delta du Bac bo, il y a des récits et des légendes de Thanh Giong, de banh chung et  banh day, de la race de Lac Hong... La littérature folklorique est un produit moral des habitants, elle se developpe durant le processus des activités, du travail, de la construction et de la lutte du peuple. C'est également l'ame et la vitalité de la nation. Au présent, toutes les sortes d'oeuvres artistiques et littéraires folkloriques de chaque minorité ethnique sont bien collectionnées et maintenues.

 

3. Art de la scène

La musique vietnamienne a une histoire qui remonte à l'époque ancienne. Cet art joue un rôle important dans la vie des vietnamiens; chaque occasion est animée d'un d'instrument différent. La musique sert à exprimer les sentiments les plus profonds. Les rythmes et les refrains servent à motiver au travail et dans les luttes quotidiennes en plus de contribuer à l'éducation des enfants selon la tradition et le sentiment national. La musique aide à communiquer avec la vie spirituelle et à atteindre un idéal. Les instruments les plus simples et primitifs ainsi que les plus sophistiqués ont été préservés et composent aujourd'hui un véritable trésor musical. Une variété de chansons et de musique font partie de la tradition culturelle vietnamienne. Il s'agit entre autres de berceuses et de chansons pour enfants ainsi que de chants pour les rituels et les festivals. Le patrimoine compte des charades, des mélodies, des poèmes et des déclarations amoureuses en chansons. Certains airs sont exécutés par des groupes et d'autres accompagnent les pièces de théatre. Les événements historiques ont grandement influencé la culture vietnamienne avec l'intégration de différents genres musicaux. Les mélodies appartenant au même genre musical varient beaucoup entre elles et entre groupes ethniques. Par exemple, les berceuses des Kinh diffèrent beaucoup de celles des Muong. La musique traditionnelle a joué un rôle important dans la vie des vietnamiens. De nos jours, elle occupe encore une place importante dans leur vie spirituelle. Certains genres font toujours partie de la vie culturelle des régions rurales. D'autres sont reproduites afin de répondre à la demande du public.

 

a. La danse royale

La danse royale (mua cung dinh) apparaît sous la dynastie des Nguyên. Elle fait partie des fêtes et de cérémonies comme les mariages. Le rituel le plus captivant est le bat dap; 64 danseurs participent à cette danse. Le lan est aussi une danse qui retient l'attention. C'est l'histoire d'un couple de licornes. Ces performances exploitent les thèmes de l'amour et l'affection.

 

b. Les danses religieuses

La danse religieuse a été vue le jour pendant le processus du développement de la religion. Il existe au Vietnam 3 grandes religions: le Bouddhisme, le Christianisme, le Brahmanisme. Les danses religieuses ne sont pas nombreuses mais elle ont leurs catégories particulières comme: les danses chay dan, luc cung, dang huong, dang hoa du Bouddhisme, les danses chac, trong de la région chrétienne et la danse Xiva du Brahmanisme.

 

c. Les danses de croyance

Les danses de croyance s’attachent aux cérémonies, aux rites, aux moeurs et coutumes des nationalités vietnamiennes. Les spécialistes les appèllent encore danses folkloriques de croyance, car elles reflètent l'élément spirituel dans les activités culturelles du peuple. Il s'agit des danses hau dong des Viet; danse  Kim Pang Then des Thai,  danse Then des Tay, danse cung trang des Khmers, danse Yang Va - Génie du Riz des Choro, danse cap sac des Dao; et danses dap lua, vai chai des Cham; danse mo, moi des Muong... Ces danses sont exécutées par les sorciers qui sont spécialisés dans les cérémonies de culte.

 

d. La danse populaire

Les images des danseurs apparaissent sur la face et la caisse des tambours de bronze Dong Son. Ces tambours ont vu le jour il y a près de 2 500 ans. Les gravures présentent deux types d'images soit les danseurs avec ou sans accessoire. Par exemple, l'accessoire principal est un chapeau orné d'une plume d'oiseau; les Vietnamiens de la période antique aimaient bien les chapeaux. Au cours de l'histoire, les Kinh, les Viet et plusieurs autres groupes ethniques développèrent des danses telles que trong bong, quat, su tu, et bai bong.

 

e. La danse moderne

La danse moderne commença à se développer vers 1945. Elle regroupe plusieurs influences, folkloriques comme contemporaines. Les styles de danse dérivés de la période folklorique comprennent les danses parapluie, khen, Cham et celle du paon. Dans les dernières années, la danse moderne s'est imprégnée des influences internationales, surtout pour les styles populaires.

 

f. Le Nha Nhac, musique de cour, chef-d'œuvre immatérielle de l'humanité

L'objectif est de non seulement reconnaître la valeur de certains facteurs de l'héritage immatériel, mais encore de demander au Vietnam de s'engager à réaliser les plans fixés, afin de préserver et  valoriser les chefs-d'œuvre classés par l'UNESCO. La musique de Cour est apparue avec la formation des Etats monarchiques vietnamiens. Dès la dynastie des Ly (1010-1225), elle a pris forme et s'est développée à travers celles des Tran (1225-1400), des Hô (1400-1407), des Lê Postérieurs (1427-1788), des Tay Son (1789-1802). Elle s’est notamment  fortement développée sous la dynastie des Nguyên, vers la fin du XVIIIe siècle. Sous le règne de ces derniers, le Nha nhac a servi lors d'événements particuliers, tels que fêtes traditionnelles, cérémonies bouddhiques, celles d'accueil officiel ou les funérailles. Le Nha nhac se subdivise en deux catégories: Dai Nhac (grande musique) et Tiêu nhac (petite musique). L'orchestre Dai Nhac réunit 42 instruments, dont flûtes, tambours, instruments de percussion ou violes à deux cordes. Le Tiêu nhac en compte huit. L'orchestre royal comprenait des instruments à vent, à cordes, à percussion... À cette époque, tous les musiciens talentueux furent appelés à créer un orchestre rituel du Palais, exigeant la participation de la totalité des instruments musicaux de choix. Ils ont créé des morceaux ad hoc immortels dans le domaine musical du Vietnam. Des centaines de documents se rapportant à la musique de cérémonie ont été collectés par le Centre de protection des vestiges de Huê, dont une quarantaine de morceaux musicaux, une vingtaine de danses, quatre du théatre classique, quatorze extraits de ce dernier, etc. Depuis 1992, le Centre de Protection des vestige de Huê a fait restaurer un certain nombre d'ouvrages tels Thê Miêu (Temple Dynastique), Duyêt Thi Duong (Salle des fêtes et théatre du Roi), Minh Khiêm Duong (Théatre traditionnel), Nam Giao, lieux d'interprétation de le Nha nhac est interprétée. Divers sujets de recherche concernant le Nha nhac de Huê ont été lancés. En 1995, le Nha nhac de Huê s'est produite à la Maison des Cultures du Monde  à Paris et dans différents pays d'Europe. Elle a été appréciée des chercheurs japonais et figure dans les programmes musicaux de ce pays. Selon le jury de l'UNESCO: "le Nha nhac du Vietnam est interprétée lors d'événements particuliers, tels les fêtes traditionnelles, l'avènement au trône, les cérémonies bouddhiques, celles d'accueil officiel ou les funérailles. Parmi les genres de musique variés, seule le Nha nhac revêt une envergure nationale." La province de Thua Thiên -Huê a ouvert une formation à le Nha nhac au niveau universitaire en faveur de 80 étudiants. Selon le plan prévu de 2005-2006, elle organisera des spectacles en vue de faire connaître cette forme d'art dans le pays et à l’étranger, ainsi que d’élaborer un manuel pour l'enseigner dans les universités et les écoles secondaires professionnelles. Elle crée également des conditions favorables aux musiciens et chanteurs des troupes du Centre de préservation des vestiges de Huê, afin qu’ils puissent étudier, perfectionner leur niveau professionnel, leurs techniques d’interprétation et leurs connaissances théoriques de le Nha nhac. Pour la protéger, les artistes doivent être formés dans les écoles de Culture et des Arts de Huê et l’Ecole supérieure du Théatre et du Cinéma de Hanoi. La reconnaissance de le Nha nhac comme patrimoine immatériel mondial affirme l’originalité et le caractère national, de la culture vietnamienne. Elle ouvre en même temps de nouveaux horizons pour la restauration des valeurs musicales traditionnelles du Vietnam et a mis fin au déclin dont le risque était de couper les liens entre le passé et le présent.

 

g. Ca Tru (Hat A Dao)

Le Hat A Dao a pris forme au XVe siècle dans les maisons communales. Il est vite devenu un style de musique de chambre très apprécié et admiré des Kinh dans le nord du Vietnam. Malgré ses racines populaires, plusieurs mandarins et intellectuels confucéens lui ont fait des louanges. Cette musique est éventuellement devenue la musique de la cour. La technique de chant est méticuleuse et raffinée. Les spectateurs ont souvent l'impression que la chanteuse travaille chaque syllabe. Le Hat A Dao ressemble à des poèmes en chansons. Son répertoire est assez grand et convient à toutes sortes d'occasions spéciales (rituels, divertissements ou concours). Sans une bonne compréhension de la valeur littéraire des chants et de l'harmonie entre le chanteur et les instruments, il peut s'avérer difficile d'apprécier cette forme art dans son entité.

 

h. Hat Quan Ho

Hat Quan Ho (appelé aussi Quan Ho Bac Ninh) est une musique folklorique typique des Kinh dans la province de Bac Ninh. Elle provient des anciennes chansons à répondre entre les jeunes hommes et les jeunes femmes. Les performances hat Quan Ho ont lieu dans les villages lors de festivals annuels. Ces chants sont intimement liés à la cour amoureuse. Ces festivals aident à établir des liens entre les villages. La majorité des chants Quan Ho sont romantiques mais d'autres servent à la prière. Selon la tradition, les artistes du Quan Ho n'ont pas le droit d'épouser quelqu'un de leur groupe. Les spectacles hat Quan Ho ont lieu à l'intérieur ou à l'extérieur. Autrefois, les événements rattachés à cette activité variaient de villages en villages mais aujourd'hui, le tout se ressemble. Les chanteurs sont jumelés en groupe de deux : un couple d'hommes et un couple de femmes. Les performances doivent suivre un ordre précis pour la mélodie et les paroles. Les chants folkloriques hat Quan Ho ont acquit une grande valeur dans les chants kinh. Le nombre de chants préservés jusqu'à maintenant excède 180 sans compter les variantes. Le charme de ces chants réside dans un nombre de facteurs : de belles pensées accompagnées de paroles pleines d'émotions; la richesse des mélodies; la qualité vocale, l'élégance des artistes sur scènes et la technique nay hat qui fait vibrer la voix.

 

i. La musique et les chansons de Huê

La musique et les chansons de Huê (ca nhac Huê) proviennent de la musique de la cour. Il a pris la forme de musique de chambre au début du XIXe siècle sous la dynastie des Nguyên et atteignit son apogée sous le roi Tu Duc. Pendant la deuxième moitié du siècle, cette musique s’enrichit et se popularisa avec les airs ho et ly, des chants folkloriques de Binh Tri Thien. La musique instrumentale joue un rôle si important dans les airs et les chansons de Huê, que des pièces instrumentales peuvent être interprétées sans accompagnement. Au cours de la première moitié du XXe siècle, ce genre  a été porté sur la scène et donna un nouveau style de théatre traditionnel Kinh appelé ca kich Hue (drame chanté). La musique et les chansons de Huê possèdent les caractéristiques typiques des chants folkloriques du centre du Vietnam et des particularités appartenant à la musique Cham et Hoa. Cette musique combine le folklore Kinh à la musique de la cour royale.

 

j. Ly du Sud du Vietnam

Le Ly est une musique folklorique qui a surtout évolué dans le Sud du Vietnam. Les chansons abondent non seulement dans la variété mais aussi dans les contenus, les thèmes et les caractéristiques musicaux. Ces éléments reflètent les activités de la vie quotidienne, le travail de la population locale et les sentiments des gens, surtout l'amourentre jeunes gens. Le Ly traite généralement d'aspirations, de façons de penser et de personnages du Sud du Vietnam. Malgré de nombreuses nuances, le ton mélancolique de cette musique est simple, naïf, humoristique et plein d'esprit. Autrefois, ces chansons étaient présentées pour plusieurs occasions. Aujourd'hui, un grand nombre de chansons ly ont été adaptées pour des spectacles de musique contemporaine.

 

k. Les marionnettes sur l'eau

Les marionnettes sur l'eau ont vu le jour sous la dynastie des Ly (1010-1225). C'est un art qui est particulier au Vietnam. Le delta de la rivière Rouge comprend beaucoup de lacs et de mares. Ces surfaces d'eau sont très propices aux marionnettes nautiques. Le tapis de gazon au bord du lac sert de gradins pour les spectateurs. Dans les régions rurales, les spectacles ont lieu souvent lors des festivals et des fêtes comme le Têt, le nouvel an traditionnel. Chaque marionnette représente un personnage populaire. Elle est faite de bois et rendue imperméable par une couche de peinture. Le personnage le plus connu est Chu Teu, un petit bonhomme au visage rond. Il a la mine joviale et espiègle. Le spectacle commence toujours avec ce personnage qui fait rigoler les spectateurs.

 

l. Cheo (le théatre populaire)

Le cheo, un type de théatre provenant du delta du fleuve Rouge, comprend à la fois la danse, le chant et la musique. Le mot cheo signifie le lyrisme des chansons populaires et des proverbes. L'air enjoué du cheo se manifeste à travers le rire et la subtilité. Le bien et le mal sont les thèmes principaux. Il y a un échange constant entre la foule et les personnages, soit, dao (actrice), kep (acteur), lao (personne agée), mu (matrone) et he (bouffon). Quelque soit leur age ou leur nationalité, les spectateurs se laissent toujours emporter par la force des roulements de tambours du cheo.

 

m. Tuong (le théatre classique)

Le Tuong son, ou théatre classique, date du XIIè siècle mais il se développa au XVIIe siècle. Cet art comprend la danse, le chant, le récit et la musique. Au XIXè siècle, sous la dynastie Nguyen, ce théatre occupa une place importante dans la vie culturelle de la royauté. Dans le passé, le Tuong son n'exigeait pas beaucoup d'accessoires. De nos jours, les décors et les maquillages sont beaucoup plus élaborés et sophistiqués.

 

n. Cai Luong (le théatre rénové)

Le cai luong, un type de musique folklorique, apparut dans le Sud du pays au XXe siècle. Ce théatre présente des danses et de la musique. Des airs de guitare, de banjo et de dan kim font partie du spectacle. Afin de réussir à chanter le cai luong, il faut avoir une voix douce. Au fil du temps, de nombreuses pièces se sont ajoutées au répertoire de cet art. Aujourd'hui, ce théatre connaît beaucoup de succès auprès de la population.

4. Beaux arts

a. Beaux - arts traditionels

Le Vietnam dispose 54 ethnies minoritaires. Chaque ethnie possède sa propre tradition culturelle. Le trésor de la culture traditionnelle du Vietnam est très riche. Les oeuvres de beaux - arts contribuent une partie de première importance dans ce trésor. Il y a beaucoup de sortes d'oeuvres de beaux - arts comme sculpture, céramique, peinture...faits en différentes matières: terre cuite, pierre, bronze, fer, bois, papier... Les objets conservés jusqu'ici montrent que les beaux - arts traditionnels du Vietnam furent ont fait leur apparition très tôt: gravures dans une grotte à Hoa Binh datant environ 1.000 ans, louches en cuivre trouvés à Hai Phong, tranchant de la lance en cuivre à Thanh Hoa qui remontent au IVe siècle av JC, gravures sur le tambour en bronze...qui constituent des oeuvres de beaux - arts riches en valeurs esthétiques. Comme c'est une grande catégorie composée de différentes sortes, de divers oeuvres qui ont été vus le jour pendant de différentes périodes, il est difficile d'y introduire complètement et profondément tous les aspects de ce domaine. Dans l'ensemble, on ne peut que présenter les traits les plus généraux et les plus caractéristiques aux lecteurs.

 

b. La peinture folklorique

Les Vietnamiens pratiquent le culte des ancêtres et croient à la déification des phénomènes naturels, et l’on retrouve ces deux éléments dans la peinture. Celles-ci sont de deux types: les peintures de Têt et les peintures du culte des ancêtres. Elles combinent  les valeurs culturelles traditionnelles et des techniques ancestrales. En raison de leur immense popularité historique, les peintures folkloriques devaient être produites en grandes quantités. La technique de l’imprimerie avec gravure sur bois, pratiquée par les vietnamiens depuis des siècles, permettait de répondre à la demande. Ainsi, au XIIe, sous la dynastie des Ly, de nombreuses familles étaient spécialisées dans la sculpture de ces modèles sur bois. À la fin de la dynastie des Tran, ces familles imprimaient également des billets de banque. Au début de la dynastie Lê So, la technique chinoise de planches gravées à imprimer fut introduite et améliorée. Sous la dynastie des Mac (XVIe), la peinture folklorique est devenue très populaire, en particulier auprès de la classe aristocratique de Thang Long (Hanoi). Au XVIIIe et au XIXe siècles, l’art de la peinture folklorique s’est répandu dans tout le Vietnam. Au musée d’histoire et au musée des Beaux-arts de Hanoi, on peut voir de très anciennes planches à imprimer. On peut aujourd’hui classer les peintures populaires selon divers courants correspondants aux endroits où elles sont réalisées. Chacune possède son propre style, mais elles impriment toutes les formes selon la technique commune de don tuyen binh do (ligne unique et motif simple). La technique des motifs est appelée Thuan tay hay mat (facile à dessiner et à voir). La peinture folklorique ne respecte pas les lois de la perspective, mais exprime plutôt une méthode d’observation selon différents angles. Les déités sont imposantes et occupent les positions les plus élevées. Les gens ordinaires sont dessinés à plus petite échelle. La taille des animaux ou des paysages naturels dépend de leur valeur sentimentale dans l’histoire exprimée. Ces caractéristiques particulières font de la peinture folklorique vietnamienne un art unique en son genre.

La peinture Dong Ho provient du village de Ho dans le district de Thuan Thanh, situé dans la région de Bac Ninh. Pour réaliser ces peintures, les artisans utilisent de nombreuses planches gravées dont chacune imprime successivement une couleur différente sur le papier. Des formes élaborées sont créées à partir de figures au contour noir. Les artisans prêtent aussi une attention particulière à la corrélation entre la figure et le fond. L’ordonnance respecte la symétrie. Dans les peintures Dong Ho, les couleurs ne se mélangent jamais. Des combinaisons de couleurs opposées, telles que rouge et jaune, vert et orange, ou noir et blanc, donnent des résultats contrastés. Il arrive aussi de voir un peu de bleu et de rose. Ces couleurs sont toutes obtenues à partir de matériaux naturels: coquillages, fleurs, feuilles. Les dessins s’inspirent de deux thèmes principaux: les cérémonies de réjouissance et l’hommage aux ancêtres. Les peintures illustrent souvent la cueillette de la noix de coco, la procession du tambour ou le musicien qui guide les buffles en jouant de la flûte. La peinture Dong Ho sert aussi à décorer des autels, des pagodes et des maisons communales.

Les peintures de la rue Hang Trong sont réalisées à partir d’un fond noir afin que les couleurs soient plus riches. La peinture au rouleau, une particularité de la peinture folklorique, permet de remplir le fond tout en laissant quelques espaces libres. Les thèmes exploités sont à peu près les mêmes que ceux de la peinture Ho. Les peintures Hang Trong sont assez recherchées pour les images de culte dans les temples. Elles sont réalisées et vendues dans la capitale de Hanoi.

Les peintures Kim Hoang sont réalisées légèrement à l’extérieur des anciennes limites de Thang Long (Hanoi). On utilise pour les imprimer du papier importé de couleur: jaune, rouge vif, ou rose; c’est pourquoi, en Vietnamien, on les appelle souvent les peintures rouges. On imprime les lignes et les formes en noir, ainsi que certaines couleurs. D’autres couleurs peuvent être rajoutées à la main. Parfois, il arrive que l’on réimprime sur ces peintures afin d’obtenir des lignes bien nettes. Les couleurs utilisées sont achetées dans le commerce à l’exception de l’indigo, qui est fabriqué de façon artisanale par le peintre. Les thèmes de ces peintures rappellent ceux des peintures Dong Ho, mais elles comprennent également les peintures de caractères chinois: Phuc (bonheur), Loc (chance) et Tho (longue vie). La fleur propre à chaque saison est également imprimée en face de chaque caractère.

Les peintures du village de Sinh sont assez réputées dans le Centre du pays. Le village de Sinh se trouve dans les alentours de la ville de Hue. La majorité de ces peintures sont utilisées pour le culte et  portent sur les croyances mystiques et reliées à la nature du Vietnam ancien. Très présente, l’image de Tuong Ba est considérée comme la protectrice des femmes. Ces peintures sont réalisées à partir d’une seule planche de gravure pour former les contours et les formes noires. On y rajoute parfois quelques touches de couleur. Certaines peintures sont encore imprimées sur du papier rustique.

 

c. Sculpture

Dans l'art traditionnel, la sculpture vietnamienne a une histoire de développement continuelle, avec un nombre incalculable d'influences en provenance de la Chine et des Indes. Les principales catégories de sculptures sont les suivantes:

-         La sculpture des Dai Viet dans le Nord du Vietnam.

-         La sculpture des Chams dans le centre du Vietnam.

-         La sculpture de maisons tomba dans les hauts-plateaux de l'Ouest.

 

La sculpture de Dai Viet dans le Nord du Vietnam. Les influences des 3 traditionnelles religions du Vietnam, le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme, qu'apportèrent les chinois. Elle est présente dans les maisons communales, les temples et les pagodes qui abritent des exemples des premières sculptures vietnamiennes. La période préhistorique date de la culture Nui Do qui émergea il y a de cela 300.000 ans et qui s'étira jusqu'à la culture Dong Son, il y a de cela 2.500 ans.  A cette époque, les activités culturelles n'étaient pas très développées et elles étaient plutôt des pratiques artistiques. Il n'y a pas d'exemples clairs de sculpture préhistorique, mais seulement des expressions ou des manifestations. Une se retrouve dans la grotte Dong Noi (district Lac Thuy, province Hoa Binh): un exemple datant de 10.000 ans est constitué de trois visages humains et un animal sculptés.  Une petite céramique et des statues de pierre ont également été trouvées lors de fouilles archéologiques à Phung Nguyen, Dong Dau et Go Mun. La culture Dong Son est célèbre pour ses tambours; des petites sculptures attachées à des objets de culte et des ustensiles de cuisine ont été retrouvés. Ils ont la forme de poignées ayant la forme d'hommes, d'éléphants, de grenouilles et de tortues.

Le Dai Viet devint un état indépendant et puissant après Ly Cong Uan monta sur le trône et qu'il transféra la capitale nationale de Hoa Lu à  Thang Long (Hanoi actuel). Le bouddhisme devint la religion nationale et se développa éventuellement en une partie importante de la vie quotidienne des habitants. Des centres bouddhistes se formèrent à Quang Ninh, Ha Nam, Nam Dinh, et spécialement dans la province de Bac Ninh, la terre natale de la dynastie Ly, elle se construisit selon l'architecture traditionnelle du Sud-Est asiatique.  Les pagodes de l'époque étaient généralement construite en pallier, avec de hautes tours et des statues de Bouddha au centre.  La statue de Amida Bouddha dans la pagode  Phat Tich (construite en 1057) serait un des premiers travaux de sculpture bouddhiste au Nord. Un obélisque trouvé à la pagode Dam (1086) est dérivé des symboles Chams Linga et Yoni. Il s'agit d'une oeuvre imposante mesurant 5.4 mètre de hauteur.

La dynastie Tran suivit la chute de la dynastie Ly dans le développement du féodalisme vietnamien. Des résistances victorieuses contre les envahisseurs Mongols en 1257 et 1288 préservèrent l'indépendance du pays et influença profondément la littérature et les arts.  A la même époque, une guerre ravagea le pays, limitant la création artistique. Le bouddhisme continua à se répandre, même si les pagodes de l'époque n'étaient pas aussi grandioses que celles construites précédemment. Plusieurs bases rectangulaires pour les statues étaient en forme de lotus et se trouvent actuellement dans les pagodes de Thay, Boi Kho et Duong Lien. La sculpture et la gravure sur bois se trouve aussi dans les pagodes de  Pho Minh (province Nam Dinh) et Lac (province Hung Yen), dont les sujets sont des dragons dansant ainsi que des feuilles de figuiers. Dans les mausolées de la dynastie Tran, il y a des sculptures de pierre représentant des hommes et des animaux rendant hommage à la famille royale. Les statues de tigres dans le mausolée de Tran Thu Do (un des fondateurs de la dynastie Tran) et des statues de buffles et des chiens dans le mausolée de Tran Hien Tong sont les premières formes de sculpture sur des tomes vietnamiennes.

Pendant les 100 premières années de la dynastie Lê, le bouddhisme a été graduellement intégré aux villages et hameaux, et le confucianisme fut amené a joué un rôle important dans les affaires royales et l'économie agricole.  Les relations entre les fermiers et les propriétaires terriens fleurirent. En plus des trois impressionnantes statues de pierre érigées à la pagode Ngoc Kham  (province Bac Ninh), l'image de Bouddha dans la sculpture du début de la dynastie Ly diminua. De magnifiques travaux ornant les tombes et les mausolées des empereurs Lê à Lam Son (province Thanh Hoa) les remplacèrent. Huit mausolées de rois et deux de reines s'inspirèrent de la forme du mausolée de l'Empereur Lê Thai To, construit en 1433. Ils ont des surfaces carrées, avec un sentier pour les dieux s'étendant au milieu. Sur les côtés sont deux rangées de statues qui rendent respect à la tombe, incluant mandarins, licornes, chevaux et tigres. Après 20 ans de guerre avec la dynastie chinoise Ming (1407–1427), le pays fut dévasté: plusieurs produits avaient été volés, temples et pagodes furent détruits et de talentueux travailleurs furent capturés et envoyés en Chine. L'empereur Lê utilisa des fermiers des villages environnants pour graver des statues et construire des mausolées. Pour cette raison, la simplicité et la diligence de la nouvelle monarchie vit la production d'oeuvres de qualité relativement pauvre.

La dynastie Mac suivit la dynastie Lê et s'étendit entre 1528 et 1598. A travers la campagne, un nouveau style de maison commerciale (dinh lang) et de sculpture se développa, qui était en contraste avec les travaux précédents inspirés par la religion et le féodalisme.

Au XVIIe siècle, les seigneurs Nguyên prirent le pouvoir et conquirent le Sud. Des conflits entre les familles Trinh et Nguyên se produisirent à 7 reprises durant le siècle. A ce moment, le bouddhisme fut restauré et fut considéré comme le salut des ames des habitants. Pour cette raison, la culture et les arts se développèrent pendant les 200 prochaines années et atteignirent leur plus haut niveau de prospérité. Les ouvres sculpturales se diversifièrent. Ils incluaient: sculptures bouddhistes des pagodes de village, sculptures pour les mausolées et tombes des empereurs et mandarins des dynasties Lê et Trinh ainsi que des sculptures dans les temples s'inspirant des croyances religieuses des habitants. La statue de la déesse  Kuanin, avec 1.000 yeux et 1.000 mains à la pagode Ha (province Vinh Yen) est un fin exemple du grandiose travail sculptural du XVIe siècle. La statue Kuanin de la pagode But Thap (province Bac Ninh) mesure 3,7 mètres de hauteur et présente 48 larges mains et 952 plus petites. Elles sont toutes reliées par un anneau noir autour des yeux, symbole des travaux du XVIIe siècle. Les sculptures des maisons commerciales de  Phu Lac, Chu Quyen, Tho Tang, Lien Hiep et Huong Loc sont pleines de forces vitales et ont des caractéristiques d'envergure et des structures imposantes. Les identités et les styles sont un mélange de dieu et d'images de Bouddha ainsi que d'activités commerciales comme l'agriculture. La dynastie Nguyên opéra le transfert de la capitale de Hanoi à Hue et construisit une cité impériale grandiose et un ensemble de mausolées et de tombes. Les sculptures de ces mausolées et tombes féodales sont considérées comme extrêmement pauvres et très peu novatrices.

La sculpture de tombes dans les hauts-plateaux de l'Ouest. Les 5 provinces de Gia Lai, Kon Tum, Dak Lak, Dak Nong et Lam Dong sont situées dans les hauts-plateaux du Sud-Ouest du Vietnam. Autrefois de brillantes cultures du Sud-Est asiatique et de Polynésie y habitaient. Les familles linguistiques de Mon-Khmer et Malayo-Polynésien jouèrent un rôle important dans la langue des hauts-plateaux de l'Ouest, et les traditions demeurent très populaires chez les habitants de ces îles inexplorées dans la région tropicale. Des maisons de deuil ont été érigées en l'honneur des morts des groupes ethniques  Giarai et Bhonar sont représentées par des statues devant les tombes. Les statues représentent des couples enlacés, des femmes enceintes, des gens en deuil, des éléphants et des oiseaux. Chacune d'elles semble porter l'esprit profond d'un autre monde, ou les âmes retournent pour visiter les générations suivantes.

La sculpture du royaume Champa. Cet ancien pays pris forme dans le Sud Vietnam actuel, il était dispersé le long de la côte. Les ruines les plus impressionnantes sont situées à Amaravati (province de Quang Nam), Vijaya (province de Binh Dinh), Kanthara (Nha Trang) et Paduranaga (Phan Rang). L'association des deux clans Cham de Can et Dua a conduit à l'établissement d'un état féodal, fortement influencé par l'hindouisme. Les Chams possédaient une habilité de création surprenante et ils produisirent de magnifiques oeuvres d'art et d'architecture. Les archéologues croient que le royaume se développa au IIe siècle, mais ce n'est qu'aux VIIe et VIIIe siècles que l'architecture et la sculpture Cham atteignirent leur forme actuelle, liée étroitement au bouddhisme et à l'hindouisme. Les sculptures se marient harmonieusement ensembles dans les divers complexes architecturaux, selon les fonctions des tours. Le développement de la sculpture Cham est divisé entre 6 principales périodes:

 

- My Son E1 - la première moitié du VIIIe siècle

- Hoa Lai - la première moitié du XIe siècle

- Dong Duong - fin du IXe siècle

- Tra Kieu -fin du IXe siècle et début du Xe siècle

- Thap Mam - XIIe et XIIIesiècles

- Poklaning Gia Lai - fin du XIIIe jusqu'au XVIe siècle.

 

En 1470, l'Empereur Le Thanh Tong conquit le Sud et fut suivi par des immigrants vietnamiens, encouragés à déménager par les seigneurs Nguyên. Depuis lors, l'art des Chams n'exista que pour payer le tribut d'un héritage des temps anciens.


d.
La céramique

À l’époque préhistorique, les céramiques étaient encore très rudimentaires, et mêlées de sable ou de diverses matières. La plupart d’entre elles étaient modelées à la main par les femmes. Alors que les céramiques étaient encore humides, elles étaient décorées de motifs simples: des lignes obliques, des veines ondulées, des veines grattées en peigne... Les principaux objets en céramique comprenaient des récipients, des ustensiles de cuisine et des bijoux. A l’age de bronze, presque tous les produits de céramique étaient alors déjà réalisés sur des tours. Outre les ustensiles et les bijoux, on trouve à cette époque des outils de travail et des objets décoratifs. Les motifs ornementaux ressemblent à ceux des bas-reliefs. La forme et la décoration des céramiques étaient influencées par la fabrication des objets en bronze à la même période. A l’age de fer, les céramiques étaient fabriquées dans différents endroits du pays. Même si leur qualité n’était pas encore remarquable, les formes et les décorations de cette période étaient abondantes et raffinées. La céramique était alors attachée à l’agriculture et les hommes ont joué un rôle très important dans sa production. Sous l’influence de la céramique chinoise, plusieurs sortes de céramiques architecturales ont fait leur apparition, comme les briques et les tuiles. Par ailleurs, de petites statues d’animaux, de porcs et de bœufs, étaient modelées avec simplicité. Les motifs ornementaux reflétaient une combinaison harmonieuse entre les styles vietnamien et chinois. À la période de la restauration et de l’indépendance nationale, après 10 siècles de domination chinoise, la céramique a connu d’immenses progrès en ce qui concerne la qualité des matériaux, l’envergure de la production et la variété des produits. Du point de vue esthétique, ce fut l’apogée des formes, des motifs ornementaux et des couleurs. À partir du XIe siècle, la céramique, en particulier la céramique couleur ivoire, a continué d’évoluer avec de nouveaux motifs tels que le lotus, devenu populaire avec l’expansion du bouddhisme. Depuis le XVe siècle, la céramique a commencé à se charger de vernis blanc et de motifs décoratifs bleus. La technique de fabrication et de cuisson s’est développée graduellement. Plusieurs localités comme Bac Ninh, Thanh Hoa, Hanoi ou Nam Dinh sont toujours spécialisées dans la céramique.

 

VII. La Francophonie au Vietnam

 

1. Le Vietnam et la Francophonie

L'engagement du Vietnam à la Francophonie est motivé non seulement pour des raisons historique, culturelle et linguistique, mais fait partie de sa politique extérieure d'indépendance et de souveraineté, de large ouverture sur le monde, de diversification et de multilatéralisation de ses relations internationales pour le développement économique et social et une meilleure intégration internationale. La participation récente de Son Excellence Monsieur Tran Duc Luong au IXè Sommet de la Francophonie, tenu à Beyrouth en Octobre 2002 - la première participation du Vietnam à un Sommet francophone au niveau de Chef d'Etat hormis le VIIè Sommet dont le Vietnam était le pays hôte - est l'expression évidente de l'attachement francophone du Vietnam.

En 1979, quatre ans après la libération totale du pays, la République socialiste du Vietnam a décidé d'assumer l'héritage francophone du régime du Sud et est devenue membre l’Agence pour la Coopération culturelle et technique (ACCT), le premier organe institutionnel de la Francophonie (le régime de Saigon était membre de cette organisation dès sa création en 1970 et alors un de ses fondateurs). Le Vietnam a assisté à tous les Sommet de la Francophonie, à compter du premier sommet tenu à Paris en 1986. Le Vietnam est président du VIIè Sommet du 11/1997 au 11/1999.

Aujourd’hui, le Vietnam devient membre de la plupart des organisations francophones telles que l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’Association Parlementaire francophone (APF), Association internationale des capitales et métropoles partiellement et entièrement francophones (AIMF), le Forum des affaires francophones... Durant toute sa participation à la Francophonie, le Vietnam a successivement assumé des responsabilités importantes à savoir : membre du Conseil permanent de la Francophonie (CPF) ; Vice-président du CPF à partir du 1/1996 et Président du CPF du 1/1996 jusqu’à la fin 1997; Président de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) du 12/1996 au 12/1998 ; Président du Sommet de la Francophonie du 11/1997 au 9/1999 ; membre du Conseil d’administration de l’AUF.... Le Vietnam a organisé avec succès le VIIè Sommet de la Francophonie en 1997, celui qui a marqué un jalon important dans le développement de la Communauté francophone en adoptant la Charte de la Francophonie et élisant pour la première fois le Secrétaire général.

Le Vietnam a également apporté sa contribution active aux activités de la Francophonie via sa participation aux réunions et conférences professionnelles francophones : Conférence des ministres de la Justice, Conférence des Ministres de la Culture, Conférence ministérielle de l’environnement, Conférence des ministres de l’économie et des finances, Conférence des femmes francophones, Conférence des ministres de la jeunesse et du sport...

La Francophonie offre au Vietnam un cadre multilatéral favorable pour renforcer davantage ses relations politiques, économiques et de coopération avec les pays membres du Nord et du Sud. Nous entendons renforcer et approfondir la solidarité et le partenariat dans l'espace francophone, surtout avec les pays membres africains avec lesquels nous avons eu des liens de longue date de solidarité et d'entraide. Les relations de coopération entre le Vietnam et l'Organisation internationale de la Francophonie ne cesse de se développer, surtout depuis l'installation par l'Agence intergouvernementale et l'Agence universitaire de la Francophonie de leurs Bureaux régionaux Asie du Sud - Est à Hanoi.

Le Sommet francophone de Hanoi, tenu pour la première fois en terre d'Asie en 1997, a marqué une nouvelle étape dans l'histoire de la Francophonie avec des réformes institutionnelles très importantes telles que l'adoption d'une nouvelle Charte, l'élection du premier Secrétaire général qui devient porte-parole politique de l'Organisation sur la scène internationale et animateur de la coopération multilatérale francophone. Ce Sommet, que le Vietnam a accueilli avec succès, a également contribué à renforcer l’image de la Francophonie dans ce pays et son rayonnement en Asie. En effet, elle a connu des pas importants dans ce sens avec la mise en place par les autorités vietnamiennes et l'Agence universitaire francophone depuis 1994 des programmes de classes bilingues et de filières universitaires francophones.

Le développement de la Francophonie requiert un renforcement de l'usage de la langue française. Le Gouvernement du Vietnam s'est efforcé de renforcer l'enseignement du et en français dans le cadre de cursus bilingues intégrés aux systèmes éducatifs nationaux. Actuellement, près de 700 classes bilingues sont ouvertes dans plus de 100 écoles primaires, collèges et lycées et accueillent plus de 17.800 élèves. L'enseignement scolaire bilingue attire une grande attention chez les parents d'élèves: le nombre d'inscription est en moyenne cinq fois supérieur à celui des places disponibles.

Les filières universitaires francophones constituent les débouchés naturels des élèves issus de classes bilingues. Il existe maintenant au Vietnam plus de 50 filières, réparties dans 18 villes et provinces et implantées dans les Instituts polytechniques et dans les écoles supérieures du commerce, de l'agronomie, de la construction, des transports ou de la communication. Elles ont pour objet de former des professionnels conformément aux besoins des entreprises francophones et au service de la coopération francophone.

Outre les classes bilingues et les filières francophones, il faut aborder aussi l'enseignement du français dans le supérieur. Le Vietnam recense chaque année quelque 1500 étudiants dans les établissements supérieurs d'enseignement du français qui forment des futurs professeurs de français. Il faut citer aussi l'enseignement optionnel du français en dehors du système scolaire. L'apprentissage de cette langue est souvent lié à des activités professionnelles et les milieux hospitaliers, financiers et juridiques sont les premiers concernés. Le rôle que jouent le Centre régional francophone pour la promotion de l’enseignement du et en française en Asie-Pacifique (CREFAP), installé à Ho Chi Minh Ville et l'Alliance Française est très important dans la promotion de ce type d'enseignement.

L'accélération des progrès technologiques a placé les communications et l'informatique au premier rang des enjeux économiques actuels. La formation en informatique est alors devenue une des priorités essentielles. L'Institut francophone d'informatique (IFI), ouvert à Hanoi en 1995, offre une formation de 3e cycle sur deux ans et appuie des projets d'études et de recherche en informatique. L'IFI constitue également un centre de documentation et de communication ouvert sur l'ensemble du monde francophone. D'autre part, les Centres d'accès à l'information scientifique et technique (IST), présents dans les grandes villes au Vietnam, accueillent déjà des milliers d'abonnés.

Le Vietnam a bien assumé le rôle de Présidence du Sommet et de la Conférence Ministérielle de la Francophonie entre 1997-1999. Il se veut être un membre actif de la Francophonie en apportant sa modeste contribution à l'avenir et à la pérennité du projet francophone. Il souhaite  contribuer aux efforts francophones pour construire une Francophonie où s'harmonisent les dimensions politique, culturelle et économique. Il est convaincu que la Francophonie doit donner à la dimension économique et de développement la place qui lui revient. Dans ce sens, le Vietnam appelle au renforcement de la coopération Nord - Sud et Sud - Sud et est disposé à apprendre et partager les expériences en matière de développement socio-économique avec les pays membres de la Francophonie, particulièrement dans l'éradication de la famine et de la pauvreté, à développer sa coopération avec plusieurs pays membres suivant le modèle de coopération tripartite "Sud-Sud-donateurs". La contribution du Vietnam et d'autres pays membres en Asie a été reconnue au Sommet de Beyrouth par les Chefs d'Etat et de Gouvernement qui saluent " les progrès réalisés par les pays de l'Asie du Sud - Est et du Pacifique membres de la Francophonie" et réaffirment "que leur attachement aux valeurs francophones contribue à renforcer l'image de la Francophonie et à lui donner une dimension universelle".

 

2. Interview accordée par le Président de la R.S. du Vietnam Nguyen Minh Triet à la Francophonie actualité” en Septembre 2009

 

1. Depuis le lancement de la politique de Renouveau, beaucoup de transformations s’opèrent dans le pays. Alors, quelles sont les nouvelles perspectives et priorités du Vietnam?

Après plus de vingt ans de Renouveau, le Vietnam a enregistré de nombreuses réalisations particulièrement importantes qui revêtent une signification historique. En effet, le PIB national actuel est le double de celui d’il y a 10 ans. Le Vietnam est aussi connu pour ses efforts de lutte contre la pauvreté dont le taux a été ramené de 30% en 1992 à plus de 11% aujourd’hui. Par ailleurs, la sécurité et la défense nationales sont bien assurées et les relations extérieures ne cessent d’être élargies, ce qui permet au Vietnam de se développer davantage dans le contexte actuel de mondialisation.

Cependant, à cause d’un faible point de départ et de lourdes conséquences léguées par des années de guerre, il nous reviendrait de redoubler nos efforts pour pouvoir réduire l’écart de développement entre le Vietnam et les pays développés. Nous nous fixons ainsi de nouveaux priorités et objectifs de développement. Dans le temps qui vient, notre priorité sera de poursuivre notre politique de Renouveau, d’accélérer l’industrialisation et de réaliser le développement durable. Ceci pour faire du Vietnam d’ici 2020 un pays développé, moderne, démocratique et stable sur le plan socio - politique, pays dans lequel le consensus règne, la vie matérielle et culturelle de la population sera sensiblement améliorée, pays dont la position ne cesse  d’être consolidée sur la scène internationale.

A cette fin, nous préconisons une valorisation maximum de notre force endogène en profitant de toutes les conditions extérieures favorables au service du développement national. Avec sa politique extérieure ouverte, multilatéralisée, diversifiée dans l’esprit selon lequel le Vietnam se veut être ami et partenaire fiables de tous les pays de la communauté internationale, le Vietnam poursuivra d’une part l’amélioration de son environnement commercial et d’investissement, et d’autre part l’intégration internationale plus profonde afin d’avoir un meilleur accès au capital, aux progrès scientifiques et technologiques ainsi qu’aux expériences avancées de gestion. Ce pour développer le pays dans tous les domaines et pour en même temps prendre une part active et responsable à la résolution des questions internationales.

 

2. En qualité de Président d’un pays qui doit encore remédier aux conséquences de la guerre et qui souhaite construire un Etat de droit, qu’en pensez – vous du mot “Démocratie“? Comment assurer la cohésion entre les dirigeants du pays et le peuple dans l’oeuvre de solidarité nationale, de renouveau et de modernisation du pays?

C’est en aspirant à la démocratie et à la liberté que des millions et de millions de vietnamiens se sont sacrifiés héroïquement au profit de la résistance nationale pour  l’indépendance et la réunification du pays, pour se faire restituer les libertés dont ils ont été privés lorsque le pays était soumis à la colonisation. C’est pourquoi la démocratie est l’objectif ultime et la force motrice de toutes les mesures et politiques du Parti communiste et de l’Etat du Vietnam. Les efforts inlassables que le Vietnam a déployés pendant ces dernières années visent à résoudre les conséquences de la guerre, à jeter les bases socio-économiques nécessaires à la défense de l’indépendance et de la liberté, ainsi qu’à la promotion de la démocratie. Seule une société basée sur la démocratie puisse permettre à ses membres de s’épanouir et de contribuer au mieux à l’œuvre de défense et d’édification du pays.

C’est ainsi que, pendant les guerres de résistance, le feu président Ho Chi Minh et le Parti communiste du Vietnam se sont bases essentiellement sur les forces populaires, selon la devise “sans le peuple on ne peut rien, avec le peuple on peut tout » ou encore « le peuple est le fondement », pour conduire la révolution vietnamienne à la victoire.  Pendant la période d’édification nationale en cours, c’est en libérant les forces de production et en garantissant la démocratie que le Vietnam a pu réaliser des progrès encourageants. L’objectif ultime que poursuivent le Parti communiste et l’Etat du Vietnam consistent donc à construire «un peuple prospère, un pays puissant, une société équitable, démocratique et moderne », c’est dire une société véritablement « du peuple, par le peuple et  pour le peuple ».      

Après plus de trois décennies depuis la fin de la guerre, le Vietnam a réalisé de grands progrès sur le plan de la démocratie, en garantissant à la population les libertés fondamentales. La Constitution et les lois du Vietnam précisent la portée et les mesures de protection des droits civiques et politiques dont les vietnamiens sont titulaires en conformité avec les conventions internationales sur les droits de l’homme. Néanmoins, nous comprenons que l’Etat et l’appareil administratif du Vietnam doivent déployer davantage d’efforts pour s’améliorer continuellement, être sain et solide, fonctionner avec efficacité et effectivité et pour assurer ainsi de mieux en mieux les intérêts du peuple.

Le développement économique et la construction d’une société équitable, démocratique et moderne constituent l’objectif unanimement poursuivi par l’Etat et le Peuple vietnamiens. Pour l’atteindre, la démocratie est un élément crucial permettant d’assurer le rattachement entre les dirigeants, l’Etat et le peuple dans l’œuvre de renouveau, de solidarité nationale et de modernisation du pays. Ainsi le peuple fait confiance à l’Etat, l’Etat fait confiance au peuple et se base sur le peuple qui est le fondement de toutes les victoires.

 

3. On les appelle les Viet Kieu et ils sont environ 3 millions dispersés dans le monde : Que souhaitez-vous dire à cette diaspora vietnamienne dont certains reviennent au pays pour investir ou simplement faire des affaires ?

Avec plus de 3 millions de personnes résidant dans près de 90 pays et territoires, la communauté de vietnamiens à l’étranger est une partie indissociable de la communauté des ethnies du Vietnam et une ressource à valoriser. Dans le processus de Renouveau et de développement national, la diaspora vietnamienne ne cesse de renforcer sa solidarité, contribuant ainsi considérablement à la construction de son pays de résidence ainsi que de son pays natal. Le Vietnam, pour sa part, tient en haute estime de ses contributions qui permettent non seulement de développer le pays, mais aussi de bâtir les relations d’amitié entre le Vietnam, le peuple vietnamien d’une part et le peuple, le pays d’accueil d’autre part.

La patrie vietnamienne salue les Vietnamiens résidant à l’étranger qui sont de retour au Vietnam pour se rendre à leur pays natal, réaliser des investissements ou faire des affaires, apportant leurs contributions à l’édification de leur pays natal. L’Etat et le gouvernement vietnamien créent toutes les conditions favorables, répondent aux attentes et aux intérêts légitimes de leurs concitoyens en ce qui concerne le visa,  les garanties de rapatriement, l’acquisition d’un bien immobilier au Vietnam…. Ils poursuivent également le perfectionnement du cadre juridique visant à protéger et à aider toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient retourner travailler et investir au Vietnam.

 

4. Monsieur le Président, qu’implique pour vous „la Communauté francophone“ et quel regard portez-vous sur les différentes missions de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)?

Le Vietnam apprécie le rôle que joue la Communauté francophone et les contributions qu’elle apporte ces dernières années. Notamment depuis son VIIème Sommet tenu en novembre 1997 à Hanoï, la Communauté francophone connaît de grands pas de développement, procède à une restructuration organisationnelle et opérationnelle, et par conséquent, elle ne cesse d’améliorer son image et son prestige international et d’attirer de nouveaux membres.

La Communauté francophone accorde toujours son soutien et son aide à ses pays membres en développement dont le Vietnam dans leurs efforts de lutte contre la pauvreté, de formation des ressources humaines, de développement durable, de stabilisation et d’édification nationale. Les programmes et les projets de coopération déployés par la Communauté francophone, quelque soit leur taille réduite, sont qualifiés d’efficaces, contribuant ainsi à traduire de manière concrète la solidarité francophone et à préserver l’image et la place de la Francophonie dans ses pays membres.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est la seule organisation de la Communauté ayant vocation de coopération intergouvernementale. Aux termes de la Charte de la Francophonie, les missions de l’OIF sont bien définies dans ce document ainsi que dans le Cadre stratégique décennal et les décisions rendues à l’issus des Conférences des Chefs d’Etat et de gouvernement et des Conférences ministérielles de la Francophonie. Les actions de l’OIF se focalisent pour l’essentiel sur les deux volets : le volet politique et celui de coopération. Sur le plan politique, l’OIF prend une part active aux efforts internationaux de prévention et de résolution des conflits dans certains pays membres. Sur le plan de coopération, l’OIF s’efforce de maintenir ses actions dans les domaines de coopération traditionnelle tels que la diversité culturelle, l’éducation et la formation et le développement durable.

Ces dernières années, l’OIF fait de l’amélioration de son image et de son prestige sur la scène internationale une priorité de ses actions. Elle renforce ainsi la coopération avec d’autres organisations internationales, participe à la promotion de certains dossiers internationaux, par exemple elle a mobilisé l’UNESCO pour l’adoption de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles en 2005. En outre, étant donné que la plupart des membres de l’OIF sont les pays pauvre et moins avancés, ceux-ci ont un grand besoin des actions de l’OIF afin de réaliser les Objectifs millénaires pour le développement.

La Conférence ministérielle de la Francophonie se tiendra à la fin de cette année à Paris (France) lors de laquelle les orientations d’intervention et de coopération de l’OIF pour la période 2010-2013 seront définies. Le Vietnam considère qu’il reviendrait à l’OIF de trouver une modalité  appropriée permettant de concilier et équilibrer ses différentes actions : action politique et coopération ; action internationale et action locale sur le terrain de manière qu’elle pourrait mieux répondre aux besoins et aux attentes légitimes de la plupart de ses membres. Il s’agit là de la mission la plus importante de l’OIF.

 

5.                 Souhaitez - vous adresser un message aux pays de la Communauté francophone ?

Nous vivons dans un monde globalisé dans lequel les problèmes primordiaux liés à la stabilité et à la sécurité internationale sont tous d’une dimension mondiale, ce qui exige à tous les pays et à toutes les organisations internationales de conjuguer leurs efforts afin d’y apporter des solutions. Le Vietnam soutient la Francophonie dans ses efforts de renforcer la coopération avec d’autres institutions internationales, afin non seulement d’exprimer sa responsabilité, d’améliorer son image et son rôle sur la scène internationale, mais aussi et particulièrement, de chercher d’autres ressources nécessaires à la mise en œuvres de ses objectifs.

Par ailleurs, vu sa tradition de solidarité Nord- Sud et Sud- Sud, il appartiendrait à la Francophonie d’accorder une priorité de premier rang aux actions de soutien et d’aide en faveur des pays membres pauvres et moins avancés. Lorsque les membres de la Francophonie sont aussi membres d’autres organisations régionales et internationales, l’efficacité de ces actions déterminera directement l’image et la position de la Francophonie sur la scène internationale.

Malgré ses réalisations obtenues après 20 années de mise en œuvre du Renouveau, le Vietnam fait toujours face à de nombreux défis. Particulièrement, la crise financière et monétaire actuelle lui impose de défis de taille dans la mise en œuvre des objectifs de développement socio-économique du pays. Le Vietnam souhaite ainsi continuer à bénéficier du soutien et de l’aide précieux des pays membres de la Francophonie et de mener une coopération fructueuse avec ceux-ci. D’autre part, le Vietnam est toujours disposé à partager avec d’autres pays membres ses expériences acquises lors du processus d’édification et de développement du pays, notamment celles concernant  la sécurité alimentaire.

Le Vietnam poursuit de manière conséquente sa politique vis-à-vis de la Francophonie en considérant les relations avec celle-ci comme une partie intégrante de sa politique extérieure. Ayant organisé avec succès le VIIè Sommet de la Francophonie en novembre 1997 (lors duquel la Charte de la Francophonie a été adoptée et pour la première fois, le Secrétaire général de la Francophonie a été élu), le Vietnam a contribué à rehausser la dimension de la Francophonie et à la rendre dès lors opérationnelle dans un plus grand nombre de domaines. S’inscrivant dans la logique de l’intégration internationale de plus en plus profonde, le Vietnam sera toujours un membre actif, apportant une contribution constructive et responsable à l’édification et au développement d’une Communauté francophone qui réussit à harmoniser les deux volets: politique et coopération, répondant mieux aux besoins et aux attentes des pays membres.

 

3. Interview accordée par le Vice Premier Ministre – Ministre des Affaires Etrangères du Vietnam Pham Gia Khiem à la Francophonie actualité” en Septembre 2009

1.                 Monsieur le Vice Premier Ministre, quelle analyse faites-vous du contexte du monde actuel et de la diplomatie du Vietnam et quelle remarque avez-vous sur l’intégration du Vietnam au sein des organisations régionales, sous régionales et internationales?

Nous vivons dans un monde marqué par de nombreuses transformations et de majeurs défis. La crise économique et financière mondiale ne néglige aucun pays. Il apparaît certains signes optimistes d’un redressement de l’économie mondiale, certes. Mais les impacts de la crise font toujours sentir et provoquent des problèmes inquiétants auxquels le monde doit faire face. Par ailleurs, des questions de sécurité non traditionnelle se posent de manière préoccupante, présentant ainsi des défis de taille à l’échelle mondiale. Le monde entier se trouve en effet confronté à des préoccupations communes liées à la sécurité énergétique et alimentaire, aux menaces du changement climatique et environnemental ainsi qu’à la propagation de différentes épidémies. Dans un tel contexte, la progression du multilatéralisme et la tendance à la démocratisation de la vie internationale constituent des facteurs positifs qui devraient être promus afin de favoriser une synergie d’actions pour faire face à des défis communs. Il s’agit là aussi des actions qu’il faudrait entreprendre pour promouvoir la paix, la coopération et le développement dans le monde. La paix, la coopération et le développement sont des aspirations ardentes des peuples du monde ; de nombreux acteurs comme la Francophonie ou l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est font valoir leur rôle actif pour réaliser ces aspirations des peuples. Cependant, dans de nombreux endroits du monde, nous assistons encore à la violence, au despotisme, au non respect de l’identité culturelle d’autrui et des principes fondamentaux du droit international.   

          Etant un pays épris de paix qui ne ménage aucun effort pour accélérer le Renouveau et se développer, le Vietnam exerce de manière conséquente sa politique extérieure indépendante, souveraine, de paix, de développement, de multilatéralisation et de diversification des relations internationales, d’intégration internationale dans un esprit « d’être ami et partenaire fiables, membre responsable de  la communauté internationale ». Ainsi, les missions et les objectifs de la politique extérieure que le Vietnam poursuit sont les suivants:

          - Préserver l’environnement de paix, créer des conditions internationales favorables au Renouveau, à l’édification et la défense nationales. Le Vietnam attache une grande importance au développement de bonnes relations avec les pays dans la région, s’efforce d’établir des frontières de paix avec  ses pays voisins et œuvre, de concert avec les pays de la région, pour l’Asie du Sud Est de paix, de stabilité et de prospérité. De même, le Vietnam préconise de promouvoir les relations d’amitié et de coopération avec les pays de par le monde sur le principe d’égalité, d’avantage réciproque, de non distinction de régime sociopolitique, de respect mutuel, de respect des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et du Droit international.

          - Approfondir, stabiliser et pérenniser les relations internationales qui ont été établies. Grâce à ses efforts d’élargir les relations internationales, le Vietnam entretient à l’heure actuelle les relations diplomatiques avec 177 pays, les relations commerciales et d’investissement avec plus de 224 pays et territoires. Le Vietnam entretient les relations de coopération dans de nombreux domaines avec non seulement les pays voisins, les pays dans la région mais aussi avec tous les pays puissants et les partenaires de par le monde en Asie, Afrique, Europe, Amérique latine… Le Vietnam a créé avec de nombreux pays dont cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, des partenariats solides dans des domaines aussi divers que politique, économique, culturelle, d’éducation et de formation, scientifique et technologique. 

          - S’intégrer de manière active au tissu économique international tout en élargissant la coopération internationale dans d’autres domaines au service de la stratégie nationale de développement à long terme. Le Vietnam est membre de la quasi-totalité des organisations régionales et internationales importantes. En effet, il a adhéré à l’OMC ; il est en cours d’assumer le poste de membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour la période 2008-2009 ; il a tenu avec succès les Sommets de la Francophonie, de l’ASEAN, de l’ASEM, de l’APEC ; il est encore membre actif du Mouvement des Pays non alignés ...  Le Vietnam a pris part activement à la résolution des questions internationales, à l’amélioration de l’efficacité de la coopération multilatérale en prenant de nombreuses initiatives pertinentes qui sont hautement appréciées par d’autres pays. En 2010, il concentrera ses efforts sur l’exercice réussi de la Présidence de l’ASEAN.

          Afin de réaliser avec succès ces objectifs de la politique extérieure, nous attachons une grande importance à la mise en valeur de tous les instruments de la diplomatie en associant étroitement et ingénieusement les actions de la diplomatie de l’Etat à celles du Parti Communiste du Vietnam et de la diplomatie populaire. Ces actions s’appuient sur 4 axes : Diplomatie politique, Diplomatie économique, Diplomatie culturelle et Mobilisation des ressortissants vietnamiens à l’étranger et protection des citoyens.

2.                 Quelles relations entretient-il le Vietnam avec les pays membres de la Francophonie ? Dans le cadre de la coopération Sud - Sud, quelles modalités de coopération souhaite – il entreprendre avec l’Afrique, notamment les pays sub- sahariens ?

Le Vietnam attache une grande importance à ses relations de coopération avec tous les pays membres de la Francophonie. Il préconise ainsi le développement de ces relations, considérant la Francophonie comme un canal multilatéral qui vient en appui à la promotion des relations bilatérales entre le Vietnam et d’autres pays. Animé par cet esprit, le Vietnam a établi ses relations diplomatiques avec tous les pays membres de la Francophonie ; il maintient et développe en même temps ses relations économiques, commerciales et d’investissement avec la plupart d’entre eux, notamment avec la France, le Canada, la Suisse, la Belgique…

En outre, le Vietnam accorde un intérêt particulier au développement de ses coopérations avec les pays d’Afrique qui sont les amis traditionnels du Vietnam. Ces derniers ont apporté leur soutien au Vietnam dans sa lutte pour la libération et le recouvrement de l’indépendance du pays. Cependant, pour différentes raisons objectives, les relations économiques et commerciales entre le Vietnam et les pays d’Afrique ne sont pas encore à la hauteur des potentialités et de la volonté politique des deux parties.

Le Gouvernement vietnamien a adopté le Programme d’action national de développement des relations Vietnam – Afrique pour la période 2004 – 2010. Le Vietnam y préconise la promotion des relations d’investissement, des échanges commerciaux et surtout des échanges de marchandises avec les pays d’Afrique. Notamment, fort de ses expériences acquises lors du passage d’un pays importateur de produits agro-alimentaires au troisième exportateur mondial de riz, le Vietnam souhaite poursuivre et valoriser le modèle de coopération tripartite entre deux pays du Sud et un donateur  (le donateur peut être une organisation internationale ou un partenaire de développement) dans le domaine de la sécurité alimentaire. Il s’agit du modèle de coopération que le Vietnam a mené avec succès tout d’abord au Sénégal avec le concours de la FAO avant d’être multiplié dans plusieurs pays d’Afrique francophones comme le Bénin, la Guinée, le Madagascar, le Mali…Les résultats obtenus de la mise en œuvre de ce modèle de coopération sont hautement appréciés par tous les partenaires pour son efficacité, son économie, sa capacité de mettre en valeur les atouts des pays du Sud et de contribuer ainsi au renforcement de la solidarité francophone. Actuellement, un certain nombre de pays d’Afrique membres de la Francophonie comme la Centrafrique, la Côte d’Ivoire…sont en phase d’étudier les possibilités de coopération avec le Vietnam selon ce modèle. Conformément à la Déclaration du 12è Sommet de la Francophonie tenue en octobre 2008 au Québec (Canada), le Vietnam souhaite bénéficier des soutiens et des aides de la Francophonie et de ses membres développés en particulier pour promouvoir ce modèle de coopération dans les pays d’Afrique francophones.

3. Quelles relations votre pays entretient aujourd’hui avec les ennemies du passé que sont la France et les Etats – Unis?

Le Vietnam a subi de nombreuses pertes et malheurs causés par les guerres durant lesquelles des milliers de vietnamiens ont trouvé la mort, le pays était divisé, les familles dispersées, plusieurs établissements économiques et culturels détruits… Les conséquences très graves de la guerre, notamment les effets de l’agent Orange, continuent à sévir.

          Cependant, en partant d’une tradition nationale qui met en avance la tolérance et la bonne entente, le Vietnam préconise de tourner la page du passé et de regarder vers l’avenir, de normaliser les relations et d’établir des coopérations avec la France et les Etats - Unis. Ces relations reposent sur le respect de l’indépendance, de la souveraineté, de la non-ingérence dans les affaires internes, de l’égalité et de l’avantage réciproque.

Le Vietnam et la France entretiennent des relations historiques et culturelles. Au début des années 90, la France était l’un des premiers pays qui ont ouvert le chemin pour le rétablissement des relations entre le Vietnam et les pays occidentaux et, à l’heure actuelle, la France est le premier partenaire du Vietnam en Europe dans plusieurs domaines : politique, économie, échanges commerciaux (1,5 milliards de USD en 2008), investissement (2,38 milliards de USD), coopération pour le développement (2 milliards d’Euros), culture, éducation… Les deux pays ont échangé de manière régulière des délégations de haut rang, et ont établit les relations « d’amitié traditionnelle, de coopération intégrale et fiable » pour le XXIè siècle ». Les deux côtés maintiennent aussi une étroite concertation dans le cadre de la Communauté des pays ayant le français en partage (Francophonie), et dans le cadre des programmes de coopération tripartite avec certains pays africains tels que le Mali, le Burkina Faso, le Sénégal dans les secteurs de l’agriculture, de la santé… Ces coopérations ont connu beaucoup de succès.

Le Vietnam et les Etats Unis ont normalisé leurs relations diplomatiques en 1995. Depuis lors, les deux pays ont signé l’Accord commercial et les Etats Unis ont accordé au Vietnam le statut de partenaire normal et permanent dans ses relations commerciales (PNTR en anglais). Les Présidents Bill Clinton et George W. Bush ont effectué des visites au Vietnam. Lors des visites aux Etats Unis du Président vietnamien Nguyen Minh Triet, des Premiers Ministres vietnamiens Phan Van Khai et Nguyen Tan Dung, les dirigeants des deux pays se sont mis d’accord pour développer un partenariat « constructif et amical, de coopération multisectorielle, basé sur l’égalité, le respect mutuel et l’avantage réciproque ». Les relations politiques entre les Gouvernements, les assemblés parlementaires ainsi qu’entre les collectivités locales des deux pays continuent de se renforcer. A l’heure actuelle, les Etats Unis se trouvent au 11è rang sur la liste des investisseurs au Vietnam avec un montant de 4,1 milliards USD en 2008, le volume d’échanges entre les deux pays a atteint 14,5 milliards USD. Les coopérations dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’environnement, du changement climatique, les échanges entre les deux peuples se sont accrues à un rythme remarquable. Par ailleurs, les deux parties continuent de négocier dans un esprit constructif afin de résoudre les problèmes laissés par l’histoire ainsi que de réduire les divergences de points de vue. Plus récemment, le Vietnam demande avec ténacité aux Etats Unis de coopérer avec lui pour résoudre les problèmes concernant les victimes de l’Agent Orange. Dans ce dossier, les premiers progrès ont été observés.

D’une manière générale, nous sommes optimistes quant aux relations avec la France et les Etats – Unis qui sont pour nous deux partenaires très importants.

 

4. Extrait du Rapport d’information de la Mission d'information de la Commission des Affaires culturelles du Sénat de la République Francaise effectuée en Vietnam, sur la Francophonie et l'enseignement du français (Annexe au procès-verbal de la séance du Senat du 01/10/1997).

Le renouveau de la Francophonie au Vietnam peut s'appuyer sur de solides atouts, en particulier l'image positive dont bénéficient encore la langue et la culture française, et l'appartenance du Vietnam à la communauté francophone. La tenue à Hanoi, en novembre 1997, du 7° Sommet de la francophonie doit à cet égard être une occasion de consolider et de dynamiser la relance de la coopération linguistique et culturelle franco-vietnamienne.

 

a.     L'image positive de la langue et de la culture française

Le français n'a jamais été au Vietnam une langue véhiculaire, et son enseignement y a subi une longue éclipse. Il avait été supprimé au nord après 1954 -l'allemand et le russe devenant, pendant une trentaine d'années, les principales langues étrangères enseignées- et avait quasiment disparu en 1975 au sud, où il avait été supplanté par l'anglais.

Ces raisons historiques expliquent que le nombre des francophones réels soit aujourd'hui très limité au Vietnam : il était évalué en 1990 par le Haut Conseil de la francophonie à 0,1 % de la population, soit environ 70.000 personnes, qui se recrutaient essentiellement dans des tranches d'âge élevées de la population.

Mais les mêmes raisons ont aussi contribué à asseoir le prestige de notre langue : avant 1954, le français était la langue des universitaires, des scientifiques, des intellectuels qui, après avoir effectué leur scolarité dans les écoles et lycées français de l'ancienne Indochine, poursuivaient fréquemment leur formation dans les universités françaises.

Grâce à cette élite francophone et érudite, qui a joué un rôle majeur dans la vie nationale après l'indépendance et qui a conservé l'usage de notre langue, le français est aujourd'hui encore considéré comme un instrument privilégié de formation intellectuelle, d'échanges, d'accès à l'information et à la connaissance, en particulier dans certains domaines -le droit, la médecine, l'agronomie, les sciences humaines, la technologie.

Le souvenir, toujours vivace, de grands scientifiques français -Pasteur et Yersin en particulier- et le maintien de liens de coopération scientifique et technique depuis le début des années soixante ont également entretenu l'image positive du français comme langue de la pensée et de la culture. Même si elle demande sans doute à être actualisée, notamment en intégrant, à côté de leurs réussites passées, une information plus complète sur l'évolution récente de la science et des technologies françaises, cette image constitue une base solide pour relancer la pratique de notre langue, et pour lui assurer une place à côté de l'anglais, incontestablement avantagé tant par l'adhésion du Vietnam à l'ASEAN que par son statut de " langue des affaires " dans les pays de la zone.

 

b. L'adhésion du Vietnam aux institutions de la francophonie

L'adhésion du Vietnam à la francophonie n'est pas prioritairement motivée par des considérations d'ordre culturel et linguistique.

Certes, comme l'a dit en 1996 à l'occasion de la journée mondiale de la francophonie le vice-ministre des affaires étrangères, M. Tran Quang Co, elle est " dans le droit fil de la volonté de diversification et d'équilibre des relations extérieures " du Vietnam, et " procède de circonstances historiques et d'un choix politique conscient ".

Mais il ajoutait que " tout choix politique doit être soumis et conforté par des actions concrètes ", et il semble en effet que les autorités vietnamiennes, très favorables à l'évolution de la francophonie vers un espace économique, en attendent surtout un renforcement des flux d'investissement et de coopération entre pays francophones, un développement des échanges Sud-Sud, la définition et la défense de positions communes sur les problèmes internationaux d'ordre commercial ou monétaire.

En revanche, elles ne paraissent pas considérer que l'adhésion vietnamienne à la francophonie doive obligatoirement se traduire par le développement de l'enseignement et de la pratique du français ou l'intensification des relations culturelles. Comme le soulignait, lors de la 22° session ordinaire de l'AIPLF (juillet 1996), le Président de la section vietnamienne, M. Nguyen Ngoc Tran, pour les jeunes générations "apprendre une langue étrangère est aussi une forme d'investissement" : cet investissement ne sera donc encouragé et consenti que s'il s'avère utile, c'est-à-dire s'il concourt à une bonne insertion professionnelle des étudiants et au développement de l'économie nationale.

En dépit de ce pragmatisme - par ailleurs aisément compréhensible de la part d'un pays légitimement soucieux de conforter son décollage économique- l'engagement du Vietnam à l'égard de la francophonie est un atout essentiel pour le maintien et le développement de la présence du français au Vietnam et dans le Sud Est asiatique.

En premier lieu, il conforte, dans cette région du monde, la place du français comme langue internationale et il convient à cet égard de souligner que la langue choisie par le Vietnam à l'ONU est le français. Il impose aussi le maintien d'un certain niveau de pratique du français parmi les cadres et les dirigeants des milieux économique, diplomatique ou politique parmi lesquels se recruteront les acteurs de la coopération avec les pays francophones.

En second lieu, il ne faut pas mésestimer les opportunités qu'ouvre à la francophonie et plus spécialement au resserrement des liens avec la France - la "volonté de diversification" des relations extérieures du Vietnam.

Cette volonté procède en effet du souci d'affirmation de son indépendance et de son identité culturelle qu'a toujours manifesté le Vietnam, et qui lui a toujours fait redouter toutes les hégémonies. Cette tendance traditionnelle ne peut qu'être renforcée, chez les dirigeants actuels, par la crainte des possibles effets pervers du développement et de la libéralisation économique, qui peuvent être des facteurs de déstabilisation sociale et de banalisation culturelle.

Le Vietnam ne peut donc que partager les principes culturels -attachement à la diversité linguistique, défense de " l'exception culturelle "- qui fondent la francophonie, et en font un contrepoids à la domination du modèle américain.

Plus particulièrement, le souci de sauvegarder son héritage peut inciter le Vietnam à renforcer ses relations culturelles avec la France. Depuis le début du siècle, en effet, d'importants travaux de recherche sur la civilisation et la culture vietnamiennes ont été conduits par la France -en particulier ceux de l'Ecole française d'Extrême-Orient- et c'est en français qu'ont été publiés, par des auteurs français ou vietnamiens, les principaux ouvrages et études sur ces sujets.

Ce "gisement" commun de connaissances, l'acquis, aussi, de relations vieilles de plusieurs siècles -dont le témoignage le plus ancien et le plus éclatant est la "romanisation" de l'alphabet vietnamien, généralisée au début du XXe siècle et qui trouve son origine dans les travaux, au XVIIe siècle, d'un religieux français, Alexandre de Rhodes- peuvent faire de la France le partenaire privilégié d'un Vietnam soucieux de la protection de son patrimoine historique et culturel.

c. Le Sommet de Hanoi, une occasion de renforcer l'image de la francophonie

La tenue à Hanoi, en novembre 1997, du septième Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage, qui constitue un rendez-vous important pour la francophonie, sera aussi un événement décisif au regard de l'affirmation de la présence de la francophonie en Asie du Sud-Est et de la relance de la coopération culturelle entre la France et le Vietnam.

Comme l'avait rappelé le secrétaire d'Etat à la francophonie, Mme Margie Sudre, lors de sa visite officielle au Vietnam en janvier 1996, ce Sommet représente, pour la France " la consécration des efforts auxquels, parmi les premiers, la France a participé afin de favoriser la réinsertion du Vietnam dans les cadres de la légalité internationale. (...) La complémentarité et la continuité entre la tenue de la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement ayant le français en partage, la présence de nos entreprises au Vietnam et la coopération bilatérale sont totales. La perspective du Sommet ne peut que perfectionner, enrichir et diversifier nos actions communes ".

Par delà cette consécration des " retrouvailles " franco-vietnamiennes, le Sommet de Hanoi, qui sera un événement très important et largement médiatisé, doit être aussi l'occasion de valoriser notre effort de coopération, et de mieux faire connaître la France et la francophonie dans l'ensemble de la population, en particulier les jeunes générations (plus de la moitié de la population vietnamienne a moins de 25 ans) qui n'ont de notre pays qu'une image au mieux très sommaire.

Il est très positif, à cet égard, que l'aide apportée par la France à l'organisation du Sommet, et dont une partie renforcera les moyens de formation linguistique, soit complétée par la réalisation à Hanoi de six grands projets de coopération bilatérale orientés sur le renforcement de la présence culturelle et de l'enseignement francophones.

 

d. La présence francophone au Vietnam

Le renforcement de la francophonie et du rayonnement de la culture française au Vietnam ne peut s'opérer sans un effort accru de " présence " de la langue et de la culture française. L'accès au livre, au film ou à la chanson, le contact avec la culture française, la présence de la France et du français dans les médias et dans l'environnement quotidien sont indispensables pour faire naître et soutenir l'intérêt pour notre langue et notre pays, en particulier parmi les jeunes, et pour actualiser l'image de la France et de la culture française.

Après 30 ans de quasi-absence de la France au Vietnam, beaucoup est à faire en ce domaine, même si le développement des échanges de personnes, l'importance du tourisme français au Vietnam contribuent aussi à effacer les conséquences de la longue parenthèse qui a affecté les relations franco-vietnamiennes.

Comme on l'a déjà souligné, le Sommet de Hanoi devrait être l'occasion de potentialiser les actions menées depuis une dizaine d'années pour relancer la diffusion culturelle au Vietnam, et de relayer les efforts qui ont porté, avec des bonheurs et des moyens divers, sur l'animation et les échanges culturels, la politique du livre, le cinéma, la presse et les moyens audiovisuels.

·        L'animation et les échanges culturels

L'animation et les échanges culturels sont essentiellement promus par les centres français, en particulier l'Alliance culturelle de Hanoi et l'IDECAF de Ho Chi Minh-Ville.

L'Alliance française est le maître d'oeuvre de la politique d'échanges artistiques, à laquelle est consacré un budget annuel de 2 millions de francs qui ne peut malheureusement être " démultiplié " par des cofinancements locaux. L'accent est mis sur des projets réalisés en coopération entre des créateurs français et vietnamiens : ont ainsi été présentés au public vietnamien des pièces de théâtre (" les Fourberies de Scapin " en vietnamien), un opéra classique (" Lucile ", le premier opéra monté au Vietnam depuis 20 ans, avec un orchestre et des chanteurs vietnamiens), un spectacle de danse contemporaine monté par Ea Sola. La célébration de la fête de la musique, l'organisation à Hué d'un festival francophone, et celle, en 1992, d'un concert du chanteur Jean-Jacques Goldman sont d'autres exemples, peut-être susceptibles de toucher un plus large public, de la relance de l'action culturelle au Vietnam.

L'IDECAF de Ho Chi Minh-Ville -dont l'activité s'est longtemps cantonnée à l'enseignement- a également contribué au développement de l'animation et des échanges artistiques et les activités qu'il organise (spectacles de variétés, cinéma, " karaoké ") remportent un grand succès.

Enfin, les actions de formation artistique ont également été privilégiées, par la mise en place d'ateliers de théâtre, d'arts plastiques, de formation musicale animés par des artistes français.

·        La politique du livre

La politique du livre, à laquelle sont consacrés des crédits de l'ordre de 1,7 million de francs, est un élément essentiel de la politique d'aide à la formation et de la diffusion culturelle.

Outre le développement, difficile, de la présence en librairie d'ouvrages français à des prix abordables, qui franchira cette année une étape importante avec l'ouverture déjà mentionnée de la librairie francophone de Hanoi, elle s'organise selon trois axes:

- l'aide à la publication et à la traduction d'ouvrages classiques et contemporains de la littérature française, qui s'est surtout développée depuis 4 ans : 60 oeuvres ont été traduites jusqu'en 1996, dont 20 pour la seule année 1996;

- le don de documentation à des bibliothèques, des organismes de diffusion culturelle et scientifique, à des personnalités du monde éditorial;

- l'invitation en France d'auteurs vietnamiens et de responsables de l'importation et de la diffusion de la littérature étrangère au Vietnam et, parallèlement, à l'occasion de manifestations françaises, comme " Le Temps des Livres " en 1995, l'invitation au Vietnam d'auteurs et éditeurs français.

Un programme spécifique est en outre consacré à la diffusion de l'information scientifique et technique française (0,7 million de francs).

·        Le cinéma

La coopération dans le secteur du cinéma a bénéficié du tournage au Vietnam de trois films français en 1991 et 1992 (l'Amant, Dien Bien Phu, Indochine) qui a permis d'établir de nouvelles relations entre les deux industries, favorisées par les efforts du service culturel de l'ambassade pour promouvoir chaque année des voyages en France de cinéastes vietnamiens, pour contribuer à la formation sur place ou à Paris (grâce à des bourses de la Femis) des jeunes professionnels, et par l'octroi d'aides à la production de films vietnamiens.

Quant à la promotion du film français au Vietnam -où le cinéma français avait pratiquement disparu- elle se heurte à un certain nombre d'obstacles : problèmes de droits, de doublage ou de sous-titrage, insuffisance de l'équipement technique des salles.

Le ministère des affaires étrangères est intervenu pour aider la diffusion du cinéma français dans le cadre de festivals : la célébration du centenaire du cinéma a ainsi été marquée au Vietnam par l'organisation d'un " mois du cinéma français " au cours duquel des films de fiction mais aussi des films documentaires ont été projetés à l'IDECAF de Ho Chi Minh-Ville et à Hanoi.

L'effort porte actuellement sur l'amélioration des conditions de présentation des films : comme en témoignent le projet d'installation à Hanoi d'une salle moderne, et le rééquipement complet en 1996 de la salle de cinéma de l'IDECAF.

·        La presse écrite et l’audiovisuel

Les médias -et en particulier l'audiovisuel- constituent dans tous les pays le meilleur moyen d'atteindre le grand public : c'est particulièrement vrai au Vietnam, dont 80 % de la population réside en zone rurale, et ne peut guère avoir accès à d'autres supports de la diffusion culturelle française que la télévision et, surtout, la radio.

o       La presse écrite

Il existe 4 titres francophones au Vietnam:

- un quotidien, le "Courrier du Vietnam" édité par l'Agence vietnamienne d'information (AVI), dont la création est le résultat d'un accord passé en 1994 entre l'AVI et l'AUPELF-UREF, et dont le lancement avait été aidé à hauteur de 500.000 F (400.000 F apportés par l'AUPELF-UREF et 100.000 F financés sur les crédits de l'action audiovisuelle extérieure). Depuis son lancement, la qualité de ce journal de 8 pages s'est améliorée, et des négociations sont en cours entre l'AVI et l'AUPELF-UREF pour augmenter son tirage -qui est de 3.000 exemplaires environ- et développer sa distribution;

- un hebdomadaire, " le Courrier du Vietnam hebdomadaire ", édité par l'AVI qui contrôle seule sa conception et sa diffusion;

- un hebdomadaire culturel et économique édité à Ho Chi Minh-Ville par le groupe de presse Saïgon Times, " Saïgon Eco ", qui a bénéficié en 1993 d'une modeste aide au lancement française;

- un autre hebdomadaire économique et culturel, " Vietnam Scoop " lancé en 1993 par une petite société de presse franco-belge et le Comité d'Etat vietnamien pour les investissements (CEVI).

" Vietnam Scoop ", qui tire à 5.000 exemplaires, a été racheté à 80 % en 1995 par deux groupes français, Hachette et Excelsior -suivant ainsi l'exemple des groupes de presse australiens, thaïlandais ou suisses qui participent déjà depuis longtemps à l'édition d'une dizaine de publications en anglais ou en vietnamien. Grâce au renforcement de son actionnariat français, cet hebdomadaire pourrait apporter un utile appui à l'image de la France au Vietnam, et notamment développer l'information disponible sur l'industrie, la technologie et les entreprises françaises.

La présence française et francophone dans la presse écrite vietnamienne ne passe cependant pas seulement par l'existence de la presse de communication francophone qui ne s'adresse qu'à un public restreint, et la coopération journalistique se préoccupe donc également, en liaison avec les actions de formation de journalistes, de promouvoir la parution de pages en français dans la presse populaire vietnamienne (quotidiens d'information, presse féminine, publications destinées à la jeunesse).

o       La radiodiffusion et la télévision

§        La radiodiffusion

Moins écoutée qu'autrefois en ville, la radio est en revanche le média le plus répandu -et le plus accessible- dans le milieu rural. La présence radiophonique française repose à la fois sur les émissions de RFI et sur la coopération avec la radio vietnamienne.
* RFI émet en ondes courtes sur le Vietnam 6 heures par jour en français, 1 h 30 en vietnamien et 1 heure en anglais. Il est à noter que les émissions en vietnamien sont peu appréciées des autorités vietnamiennes. RFI fournit également à la radio nationale des programmes musicaux enregistrés.
* La coopération avec les radios vietnamiennes: La radio nationale vietnamienne, la Voix du Vietnam (VOV), diffuse quotidiennement deux heures de programmes en français : elle fait notamment une place importante à la chanson d'expression française. Elle diffuse trois fois par jour un journal en français, plusieurs fois par semaine des émissions d'apprentissage du français d'une heure, une fois par semaine une émission musicale, " Top France ". Des radios régionales programment également cours de français et chansons françaises : à Ho Chi Minh-Ville, la radio " la Voix du peuple " reprend " Top France ", et un petit programme, " Francophonie Diffusion ", assure la présence de la chanson française sur une fréquence FM, grâce à un émetteur radio dépendant de la télévision de Ho Chi Minh-Ville.

§        La télévision

L'essentiel de la présence des programmes français et en français résulte de leur diffusion par la télévision vietnamienne, le grand public n'étant pas équipé pour la réception directe des chaînes diffusées par satellite.

· La réception des chaînes françaises

TV5 est disponible en compression numérique depuis avril 1996 sur le satellite Asia Sat 2 dans un bouquet de chaînes européennes (DW, RAI, TVE, MCM) mais la réception de ce bouquet est subordonnée à l'usage d'un décodeur et n'est pas accessible à l'ensemble du public. La réception de TV5, en dehors des hôtels et autres établissements disposant du matériel de décodage nécessaire, sera donc subordonnée à sa reprise sur les réseaux de câble et de MMDS, qui diffusent des programmes étrangers. A cet effet, les têtes de réseau de Hanoi et de Ho Chi Minh-Ville doivent être dotées de décodeurs par la chaîne.

CFI est diffusée sur le Vietnam en analogique et en clair via le satellite indonésien Palapa I, mais sa réception directe ne concerne que le public expatrié et celui des centres français, Alliance française et IDECAF, et ses programmes n'atteignent donc le public vietnamien qu'à travers leur reprise par les chaînes vietnamiennes, équipées à cette fin depuis 1991 d'antennes de réception.

· La coopération avec la télévision vietnamienne

- La télévision nationale vietnamienne, VTV, est née en 1988, lorsque ont été dissociées les activités de radio de télévision auparavant réunies au sein de la radio-télévision du Vietnam, créée en 1970. Son budget croît rapidement : de 24 milliards de dongs en 1992 à 96 milliards de dongs en 19963(*), et elle s'est récemment ouverte à des recettes publicitaires dont le montant vient en déduction des dépenses publiques. VTV, qui diffuse de 6 h du matin à 11 h du soir, comprend deux chaînes : VTV 1 (généraliste) et VTV 2 (scientifique et éducative). Sur VTVI existent trois unités de programmes : VTVI, dont l'antenne ouvre à 18 h 45, VTV3, la chaîne commerciale relayée sur VTVI l'après-midi et le soir, et VTV4, chargée des programmes destinés à la diffusion satellite à l'étranger qui propose pour l'instant la rediffusion du journal en vietnamien et du journal en anglais repris sur la chaîne russe du réseau MMDS. La télévision nationale vietnamienne est diffusée par satellite et relayée dans les provinces via un réseau terrestre de réception et des réémetteurs : sa couverture représente 70 % du territoire. L'audience réelle de la télévision est difficile à mesurer : le parc des téléviseurs serait de 6 à 7 millions, mais il n'est pas significatif de l'audience, la télévision étant encore souvent regardée dans un cadre plus communautaire que familial, notamment à la campagne. La télévision nationale évalue pour sa part à 70 % la proportion de la population pouvant avoir accès à la télévision, qui est surtout regardée le soir. Les projets de la télévision nationale vietnamienne pour le moyen terme sont l'augmentation de son volume de production et l'extension de sa couverture à 90 % du territoire.

- Les télévisions provinciales -essentiellement celles de Ho Chi Minh-Ville et de Hanoi- présentent, en dehors de programmes propres, les émissions d'information et une partie des programmes de la télévision nationale. Depuis 1993, elles sont placées sous la tutelle conjointe de VTV (qui elle-même relève directement du gouvernement) et des comités populaires locaux. La coopération avec la télévision vietnamienne en matière de programmation repose sur trois éléments:

- Le principal est la reprise depuis 1991 de programmes de CFI : en 1992 et 1993, VTV diffusait sur ses deux chaînes 5 heures par jour de programmes provenant de la banque française (rediffusions comprises). Les fictions françaises, mais aussi des émissions scientifiques comme E=M6 remportent un net succès auprès du public. La reprise des programmes de CFI alimente aussi les programmes des télévisions régionales, en particulier celle de Ho Chi Minh-Ville. VTV a en outre conclu en 1992 avec France 3 un accord de jumelage qui prévoit des échanges de programmes et une coopération en matière de production et de formation. Cet accord permet aussi de développer la coopération entre la télévision vietnamienne et les stations régionales de France 3.

- Depuis 1989, VTV diffuse un programme d'apprentissage du français, dont les émissions sont complétées par des livrets pédagogiques. A partir de l'année suivante, ont également été fournies, par cassettes, des émissions scientifiques et culturelles en vietnamien. Une nouvelle émission éducative et un projet de film sur la francophonie sont également en chantier. La coopération franco-vietnamienne en matière de télévision éducative pourrait aussi se développer à travers un partenariat avec "La Cinquième", via l'association internationale des télévisions éducatives. Cependant les projets de la télévision éducative vietnamienne semblent pour l'instant essentiellement centrés sur la création d'un système d'enseignement à distance par la télévision.

- Enfin, il convient de souligner que depuis le 14 juillet 1993, VTV assure la diffusion nationale quotidienne d'un journal d'actualité nationale et internationale en français. Ce journal est programmé à 22 h 30, après un journal en anglais -à une heure dont il faut regretter qu'elle soit un peu tardive pour le public vietnamien, qui commence très tôt sa journée de travail. Depuis le 1er avril 1996, une deuxième édition du journal en français est diffusée à la mi-journée, à 13 h : elle " actualise " le journal du soir, sur la même durée et selon le même format qui privilégie le " tout en images ", et utilise notamment les images d'actualité d'AITV et les dépêches AFP. Cette réalisation, qui participe à la fois des actions de formation, de fourniture d'équipement et d'aide à la réalisation de programmes, représente une réussite exemplaire de la coopération audiovisuelle, et a reçu un accueil très favorable du public, séduit par une conception du journalisme télévisuel nouvelle au Vietnam. L'équipe vietnamienne chargée de ce journal comprend 9 personnes, dont un rédacteur en chef. Quatre journalistes francophones ont été formés spécialement pour la réalisation de ce projet, sur place et en France. Un représentant de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille encadre l'équipe vietnamienne, et le coopérant français affecté à la télévision de Hanoi assure également le suivi et la continuité du journal. La télévision locale de Ho Chi Minh-Ville s'est inspirée de cet exemple, et diffuse également depuis janvier 1995 un bulletin d'information francophone.

e. L'avenir de la Francophonie au Vietnam

Demain comme hier, le Vietnam restera essentiellement " vietnamophone ", et l'enseignement des langues étrangères y sera fonction de leur utilité en tant que vecteur des savoirs et instrument de développement. Dans ce pays légitimement fier de son histoire et jaloux de son indépendance, ouvert au dialogue des cultures mais soucieux de garder la maîtrise de son destin et de trouver sa propre voie vers le progrès, l'apprentissage des langues n'est pas une fin en soi -et encore moins l'expression de l'adhésion à un modèle- mais le moyen d'intégrer, sans renoncer à sa singularité, les expériences et les acquis d'autres civilisations.

C'est bien ainsi, d'ailleurs, que le français était devenu, pendant la première moitié de ce siècle, la langue des élites intellectuelles vietnamiennes, pour lesquelles il représentait une voie d'accès à ce que la société et la pensée occidentales pouvaient apporter à leur pays, bridé par des coutumes archaïques, en termes de progrès scientifique et économique, d'édification d'une société et d'un Etat modernes et, finalement, d'émancipation nationale.

La poursuite, à travers toutes les vicissitudes des relations franco-vietnamiennes, d'une coopération scientifique et culturelle fructueuse, le foisonnement d'initiatives et de projets qui a immédiatement suivi la "réouverture" du Vietnam incitent à penser que le dialogue franco-vietnamien est toujours considéré, de part et d'autre, comme une source d'enrichissement mutuel, et que le français, instrument d'expression mais aussi de construction de la pensée, demeurera, pour le Vietnam d'aujourd'hui, un atout précieux pour réussir son décollage économique tout en préservant son identité.

Il a semblé à la mission d'information que le choix des orientations selon lesquelles se réorganise, en tenant compte de ses acquis passés, la coopération culturelle scientifique et technique avec le Vietnam correspondait bien aux domaines dans lesquels la France -et le français- peuvent apporter un concours original et efficace au "renouveau" vietnamien.

La mission a également été impressionnée par l'enthousiasme et la compétence de tous les acteurs de la coopération culturelle française qu'elle a rencontrés, et par la qualité des relations qu'ils entretiennent avec leurs interlocuteurs et partenaires vietnamiens. Elle a aussi pu constater la réelle " demande " qui se manifeste dans les milieux universitaires et scientifiques en faveur d'un resserrement des relations avec la France, notamment au niveau des collaborations et des échanges avec des universités et organismes de recherche français.

Cependant ce bon départ ne suffira sans doute pas, après la longue éclipse de l'enseignement du français, à garantir que notre langue retrouvera au Vietnam la place correspondant à la contribution qu'elle peut apporter à son développement.

Dans la période de profonde évolution que traverse le Vietnam, il paraît indispensable de veiller en permanence à adapter les actions menées aux réalités du terrain, aux attentes de nos partenaires, à la recherche de l'efficacité.

Cette " évaluation permanente " doit en particulier, pour la mission, porter sur certains points essentiels:

· La définition des objectifs et des ambitions de la politique de diffusion linguistique, qui suppose en particulier que soit envisagée avec réalisme la place du français vis-à-vis de l'anglais. Avec réalisme, c'est-à-dire sans illusions ni défaitisme:

- Il faut éviter de confondre le soutien indispensable à une francophonie vivante avec la " défense du français à tout prix " et d'abord ne pas entretenir l'illusion que le français pourrait redevenir la principale langue étrangère, voire la " langue seconde " du Vietnam. Toute politique qui consisterait à opposer -ou paraître opposer- le français à l'anglais serait en effet vouée à l'échec et à terme préjudiciable à l'avenir du français au Vietnam. Car il serait absurde de contester que l'anglais est aussi un outil linguistique nécessaire au développement du Vietnam. L'anglais est la " langue commune " des pays de la zone Asie Pacifique, dont beaucoup n'ont pas de tradition francophone, à commencer par les principaux partenaires commerciaux du Vietnam (Taiwan, le Japon, la Corée, Singapour, Hong Kong...). C'est la langue de l'ASEAN, et c'est aussi, qu'on le veuille ou non, la principale langue de communication internationale. Il est donc normal que l'anglais soit considéré au Vietnam comme la langue " utile " par excellence, d'autant plus que l'autorité de la langue tient d'abord, de nos jours, à la performance économique et que les attentes des autorités vietnamiennes à l'égard de leurs partenaires étrangers s'expriment surtout aujourd'hui -décollage économique oblige- en termes d'investissements et de développement des échanges commerciaux.

- Mais il ne faut pas, pour autant, redouter que le développement inéluctable de l'anglais au Vietnam soit un obstacle à celui du français. Le développement d'un " bilinguisme anglais-français " est au contraire une chance de confirmer le rôle spécifique du français comme outil de formation et d'expression de la pensée, spécialement dans certaines disciplines où sa précision et sa rigueur s'avèrent particulièrement utiles. Tel est bien, du reste, le sens des observations faites spontanément par plusieurs interlocuteurs de la mission et qui distinguaient l'anglais, " langue du commerce " ou " des affaires ", et le français " langue du droit " ou " langue de la littérature ". La diffusion de l'anglais renforce aussi le rôle du français en tant que langue de la diversité culturelle, face au modèle unique et uniformisateur véhiculé par l'industrie culturelle anglo-saxonne. Au Vietnam comme ailleurs, et peut-être plus qu'ailleurs, la relance de la francophonie passe par une valorisation du " plurilinguisme " et il serait très utile que la coopération dans le domaine de l'enseignement et de la formation mette l'accent sur le développement des possibilités offertes aux élèves ou aux étudiants qui ont choisi l'anglais comme langue étrangère d'apprendre aussi le français en " deuxième langue ".

· L'attention portée aux débouchés offerts aux jeunes vietnamiens francophones

Le développement de l'enseignement du français dans l'enseignement scolaire et universitaire est évidemment indispensable pour reconstituer un " vivier " de francophones. Mais les efforts considérables qui ont déjà été consentis en ce sens, et qui commencent d'ailleurs à porter leurs fruits, n'atteindront pas leur but si le développement de l'offre d'enseignement du français ne tient pas compte des débouchés qui seront offerts aux élèves et étudiants ayant fait le choix du français.

Dans un pays en développement, où les jeunes générations sont nombreuses, le marché du travail encore relativement étroit, et où les familles accordent -comme en France- une importance extrême à la formation de leurs enfants, il est évident que les jeunes n'apprendront pas le français pour le seul plaisir d'apprendre une langue étrangère, mais parce qu'ils en attendent une chance supplémentaire de réussite ou d'insertion professionnelle. C'est encore plus vrai dans le cas des filières bilingues, dont les résultats en terme de maîtrise de la langue sont certes exceptionnels, mais qui exigent des élèves un investissement également exceptionnel.

Il paraît donc essentiel de prendre toutes les précautions possibles pour leur éviter une déception qui serait sans doute fatale à une renaissance durable du français au Vietnam, et notamment :

- veiller à ce que le développement des filières bilingues suive -et non précède- une étude approfondie des débouchés offerts à leurs futurs diplômés ;

- inciter les entreprises françaises implantées au Vietnam à embaucher de jeunes diplômés francophones ;

- développer prioritairement les formations aux niveaux (bac + 2) et dans les secteurs où les perspectives de recrutement dans des entreprises françaises et de développement des échanges franco-vietnamiens apparaissent les plus favorables (par exemple la bureautique, l'agronomie et l'agro-alimentaire, le tourisme, la santé, les télécommunications...).

· La concentration des efforts dans les "domaines d'excellence" de la coopération franco-vietnamienne,

non seulement pour valoriser les résultats déjà acquis, mais aussi parce que ce sont des domaines très porteurs pour l'avenir du Vietnam et la présence culturelle et économique française :

- la médecine et la santé publique ;

- le droit et l'administration, où la coopération scientifique est étroitement liée à la coopération économique, les investissements français au Vietnam ne pouvant qu'être favorisés par une réflexion commune en ce domaine, et par la participation de juristes français à l'élaboration du droit vietnamien des sociétés, de la banque et des assurances, ou des investissements étrangers ;

- les autres sciences sociales -histoire, anthropologie, économie, environnement, démographie- dont le développement est nécessaire à la maîtrise de l'évolution économique du Vietnam et à la prévention des risques de déstabilisation sociale ;

- la politique culturelle (protection du patrimoine, encouragement à la création) qui, loin d'être un luxe superflu, est une préoccupation indispensable pour un pays engagé dans un processus de " modernisation " rapide mais soucieux de préserver son identité.

· La cohérence de l'offre de formation en France

Comme la mission a pu le constater, la demande de formation en France est très vive : l'espoir de pouvoir suivre un stage, une formation, des études en France joue un rôle souvent très important dans le développement de la demande d'enseignement du français, qu'il s'agisse de l'enseignement du français général ou du français de spécialité.

Il faut être conscient que la possibilité de multiplication des bourses se heurte rapidement à des limites budgétaires, et aussi que dans ce domaine la concurrence des formations anglophones, notamment de celles offertes dans la région, ne cessera sans doute de se renforcer : l'Australie, par exemple, a déjà mis en place un important programme de bourses universitaires.

Il est donc très important de consentir tous les efforts qui pourront l'être pour renforcer l'efficacité et la qualité de la politique des bourses, et en particulier :

- de développer, dans toute la mesure du possible, une programmation de l'offre de bourses (nombre et nature des bourses offertes, secteurs concernés). C'est en effet un domaine où le manque de suivi des efforts et de continuité dans les engagements est particulièrement " contre-productif " ;

- de coordonner l'offre de bourses, et en particulier de tenir compte des possibilités offertes dans le cadre de la coopération décentralisée et de la coopération inter-universitaire ;

- de " cibler " les formations offertes (niveau de formation, disciplines, sujets étudiés) en fonction des possibilités d'insertion des boursiers à leur retour au Vietnam et des priorités de la politique vietnamienne de formation et de développement.

· La mise en valeur de l'effort de coopération français

On ne saurait reprocher à la coopération française de privilégier l'action en profondeur sur l'ostentation et le savoir-faire sur le faire-savoir, aisément déplacé lorsque l'on travaille avec et chez des partenaires étrangers.

Cependant, à l'âge de la communication, un excès de discrétion peut devenir un handicap : c'est ainsi que la mission s'est étonnée de constater, dans un grand lycée vietnamien, qu'une plaque immortalisait le don par le consulat australien d'un laboratoire de langues, alors que la contribution de la France à la constitution d'un remarquable centre de documentation multimédia n'était en rien signalée à l'attention et à la mémoire du nombreux public d'élèves qui le fréquentait.

Si louable qu'elle soit, notre modestie peut donc parfois être à notre désavantage et, sans imiter des exemples parfois caricaturaux, il serait sans doute souhaitable de ne pas négliger de valoriser les réalisations et les succès de la coopération franco-vietnamienne ni de faire connaître au peuple vietnamien l'intérêt très réel que nous portons à son avenir et à la poursuite entre nos deux pays d'un dialogue qui a démontré au cours de l'histoire qu'il était une source d'enrichissement mutuel./.


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